Il suivait son idée, c'était une idée fixe et il s'étonnait de ne pas avancer.
Jacques Prévert

Allo, ben allo quoi ! T'es une fille ?
T'as pas de shampoing ?
Nabilla

"Les filles bien vont au paradis
Les mauvaises filles vont où elles veulent"
Anne Haunime






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mercredi 21 novembre 2012

1 Gymanistique cérébrale

d'entretien...




Me suis inscrite à ça !
Raté la première mais c'est pas grave, je suis contente.












Ma préférence allait vers ça :









ou ça : 







Mais ces cours là étaient complets et pourtant je m'y étais pris tôt de bonne heure.













Donc pour me préparer, je lis ça :


Et il y en a un qui aimerait bien être libre comme moi pour y assister, mais il faut bien qu'il y en ait qui bosse dans cette famille. Ceci dit je ne fais pas rien mais je suis libre à l'heure de ce cours !

dimanche 1 mai 2011

1 Rapport

 DR d'après une peinture népalaise du XVIIème siècle
(http://www.sscnet.ucla.edu/southasia/Culture/culture.html)
J'ai regardé "Potiche", j'ai trouvé ça con. Finalement, c'est cruche.

J'ai lu "Un tout petit monde" de David Lodge, je n'ai pas aimé, trop long, trop fouilli. Premiers chapitres sympa, on entend les universitaires "causer", linguistique, structuralisme, narratologie... on se dit tiens, si ça continue comme ça on va apprendre des trucs, ben non. Durant leurs congrès, ils courent les uns après les autres pour se retrouver et boire un godet et éventuellement s'envoyer en l'air. Bon ce n'est pas du tout ce que j'attendais d'un bouquin soit disant hilarant, drôle et vraiment un des meilleurs de son temps. A ne pas lire donc, de même que "Changement de décor" dont "Un tout petit monde" est la suite.
Pris sur le net au hasard une critique :

"David Lodge invite son lecteur à ne pas se laisser abuser par la fiction qui lui est donnée à lire. Faussement soucieux de préserver l'honorable image du microcosme dont il se moque, cette précaution d'usage n'a d'autre but en vérité que de signifier la réalité de son propos. En matière d'ironie, Lodge est un maître incontesté, et pour servir ses méchantes ambitions, il pousse la caricature (acide, mais jamais amère) parfois jusqu'à l'extrême. Ainsi, il traque, dénonce, fustige et se moque superbement des mesquineries calculatrices, des petites ambitions des "grands littérateurs" qui se déplacent de congrès en réunions internationales comme ils iraient à la parade, jouant les érudits, les beaux esprits ou encore les séducteurs de salons. Mais avant tout, sa métaphore nous touche et nous amuse, car effectivement, "que le monde est petit" ! --Lenaïc Gravis et Jocelyn Blériot"
Une autre là au hasard du net , je ne vais pas me biler pour parler d'un truc qui ne m'a pas botté : Chat !

Sinon, j'ai continué "La Chartreuse de Parme". Tout ça pour retrouver sans vrai succès la réplique qui m'avait tant plus dans le film, avec Maria Casarès qui interprète "La Sansévérina", tante de Fabrice car elle est la soeur de son père, héhé... faut suivre. J'avais adoré la façon dont la Casarès disait de Fabrice Del Dongo (Gérard Philippe, acteur dans le film), j'avais adoré, quand ils étaient dans la diligence et qu'elle disait car la belle était folle amoureuse de son neveu, bien qu'elle fut mariée une première fois avec un vaillant mort lors d'une guerre napoléonnienne, puis une deuxième fois où marié à un vieux duc qui mourut tôt, elle devint duchesse pour sauver l'honneur de sa liaison avec le comte Mosca premier ministre qu'elle pouvait cotoyer en toute impunité apparente la coquine. Donc je vous ai fait languir, je suis comme Stendhal, elle disait donc :

"Il est beau Mon Fabrice"

C'est pas le tout, je n'ai pas terminé. Car Fabrice et Clélia meurent tous les deux, et la Sansévérina épouse Mosca donc il me reste quelques pages à avaler avant d'entamer un Jonathan Coe. A noter que c'est la première partie du roman, non traitée au cinéma qui m'a le plus intéressée. Fabrice va rejoindre Napoléon à Waterloo et c'est la bagarre, j'ai bien aimé cette première partie.

Autrement j'ai lu un article de Marx sur les "Droits de l'homme" et  "du citoyen" Mais faut pas confondre l'homme bourgeois avec le pauvre citoyen quand même.

jeudi 29 juillet 2010

0 Pascal Blaise 1623-1662

"L'homme est un roseau, le plus faible de la nature, mais c'est un roseau pensant."

FACE A L'INFINI

Blaise Pascal dérange. D'aucuns l'abandonneraient volontiers aux pages jaunies d'un Lagarde et Michard, lui reconnaissant certes un style admirable mais ne sachant trop quoi faire d'une pensée habitée par la foi. Ne doit-on voir en Pascal que le modèle achevé de l'écriture classique ? Rien n'est moins s$ru car c'est faire fi, à bon compte, d'une réflexion profonde sur la condition humaine, sur les limites de la raison, sur le relativisme de la justice et du droit, ou sur les sciences dans lesquelles il excellait. "Aux âmes bien nées, la valeur n'attend pas le nombre des années" écrivait Pierre Corneille. Qui saurait mieux illustrer cette maxime que Pascal, son contemporain ?
Né en 1623 à Clermond Ferrand, le jeune Blaise est éduqué par son père, magistrat féru de mathématiques, et montre d'étonnantes capacités. A onze ans il compose un Traité sur les sons ; à seize ans, un Essai sur les coniques ; à dix neuf ans, il invente la pascaline, l'une des premières machines à calculer : à vingt-cinq ans, ilfait réaliser par son beau frère, Florin Périer, la célèbre expérience du puy de döme qui prouve  la pesanteur de l'air et  l'existence du vide... Avant de devenir, avec Pierre de Fermat, l'inventeur du calcul des probabilités.

L'homme est un "roseau pensant"
Pourtant, ce brillant scientifique se défie de la seule raison. A l'occasion d'un acident de son père soigné par deux médecins convertis, Pascal et sa famille découvrent peu à peu un christianisme plus rigoureux, celui de Port-Royal, inspiré de la pensé de Jansénius.
La nuit du 23 novembre 1654, Pascal fait une expérience mystique qui change radicalement son existence. Dans le feu de cette révélation, il note un Mémorial qu'il gardera désormais jusqu'à sa mort cousu dans la doublure de son vêtement.
Cet épisode le conduit à approfondir son engagement religieux. Le christianisme de Port-Royal, décrié par les Jésuites, est menacé et l'un de ses plus brillangs représentants, Antoine Arnaud, est attqué par la Sorbonne. C'est ce qui décide Pascal à publier, sous un pseudonyme, des lettres, Les provinciales (1656-1657), modèle de rhétorique et d'éloquence, qui défendent Arnaud, attaquent les jésuites et font scandale. Mais sa foi ardente le conduit à un plus ambitieux projet : composer une Apologie de la raison chrétienne que sa mort précoce en 1662 l'empêchera d'achever et dont les fragments constituent les célèbres Pensées.
Si la foi est cardinale, elle n'annihile pas la raison. Plus que quiconque, Pascal, "cet effrayant génie" comme le qualifiait Chateaubriand, connaît la puissance du raisonnement même s'il en relève les limites. Ainsi, la géométrie ne définit certes pas tous les termes et part de principes qu'elle ne peut démontrer, mais elle prouve tout le reste (De l'esprit géométrique).
Pascal distingue le coeur et la raison : c'est le coeur (autrement dit la lumière naturelle, l'intuition) qui nous fait connaître les premiers principes,, par exemple que les nombres sont infinis, et qui donne la foi. Bref, loin de vouloir ébranler toute certitude comme peuvent le faire les sceptiues, Pascal veut simplement rabattre l'orgueil des dogmatiques. D'où la célèbre formule "Le coeur a ses raisons que la raison ne connaît point" qui donne malheureusement souvent lieu à une lecture sentimentale à contresens.
La raison tient le milieu ; si elle n'est pas tout, elle n'est pas rien non plus. Elle est à l'image de l'homme, un roseau certes, mais un "roseau pensant". Si la visée de Pascal dans les Pensée  est apologétique, elle ne vise pas à démontrer l'existence de Dieu, mais plutôt à entamer la certitude des athées ou des déistes. Les uns comme les autres comptent trop sur la raison, que ce soit pour comprendre Dieu ou pour s'en passer. Pascal lui, se réclame du "Dieu d'Abraham, Dieu d'Isaac, Dieu de Jacob, non des philosophes et des savants".



A suivre.... si la canicule n'a pas tout fait fondre d'ici là.....

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lundi 19 juillet 2010

1 Note pour Chouyo !

De quelle région est originaire la dinde ? Le sais tu ?
La dinde vient d'Inde, mais pas de l'Inde que l'on connaît aujourd'hui : celle de Christophe Colomb. Lorsque le navigateur mit pied à terre en Amérique en 1492 après un épuisant voyage, il crut très sincèrement être en Inde (on lui pardonnera cette légère erreur d'appréciation). Depuis longtemps déjà, les Aztèques, qui vivaient sur le continent, avaient domestiqué l'oiseau et dévoraient sa chair à pleines dents, san soublier de faire des flèches et des costumes avec ses ergots et ses plumes. Les découvreurs du Nouveau Monde, conquis par cette "poule d'Inde", la ramenèrent en Europe où elle remplaça avantageusement le Paon, trop sec et filandreux, sur les tables royales.
La première "d'Inde" servie en France le fut à l'occasion du repas de Noël de Charles VII, où tout le monde se régala. Jusqu'au XIXème siècle, ce délice fut réservé aux riches familles.


Comment dit-on dinde en
anglais et en portugais ?
A l'époque où la dinde est arrivée en Europe, les
notions de géographie et d'ornithologie étaient encore
assez aléatoires. Ce qu'on savait, c'est que l'oiseau venait de loin.
Au Portugal et en Angleterre, l'oiseau a pris, comme en France, le nom
d'un pays lointain  il a été baptisé peru (Pérou) en Portugais et
Turkey (Turquie) en anglais.

ETONNANT, NON ?

Edit du 19 Juillet à 21:33 Je signale à mes nombreux lecteurs et mes nombreuses lectrices que cette note était mise en ligne avant le succès, foudroyant de notre Chouyette internetationale sur touitt'heure ! Car ce billet était programmé depuis que ma grand mère à plus vu le loup, c'est dire !

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samedi 17 juillet 2010

0 DESCARTES 1596-1650


"Je pense donc je suis"

De la méthode et de ses errements
Géomètre, astronome, physicien, moraliste et théologien, René Descartes est le modèle même du penseur classique : un savant doublé d’un philosophe. Longtemps considéré comme « l’initiateur de la philosophie moderne », les études qui lui sont consacrées aujourd’hui ont contribué à nuancer cette image.

Illuminations pour le père de la raison
René Descartes raconte que, durant la nuit du 10 au 11 novembre 1619, il fit trois rêves qui allaient changer le cours de sa vie. Le jeune homme, alors âgé de vingt-trois ans, a fait halte dans un petit village sur les bords du Danube (Allemagne). Il est en garnison avec les troupes du Duc de Bavière, qu’il a rejointes un peu plus tôt. Alors que ses compagnons d’armes passent leurs soirées ensemble à boire et bavarder, lui a préféré s’enfermer dans une petite chambre d’auberge. Là, il lit, étudie, prend des notes. Depuis la fin de ses études de droit, il s’est lancé dans l’exploration des mathématiques. Il y excelle. Les mathématiques lui offrent une nouvelle façon de voir le monde. La rigueur mathématique n’est-elle pas un instrument infaillible pour atteindre des vérités universelles et incontestables, mettre fin aux dogmes anciens, repenser le monde et s’en rendre maître ? Penser le monde à l’aide du seul instrument de la raison : voilà son but. Voilà à quoi il doit s’employer. Une révolution mentale est en cours et lui doit en être le principal artisan. Il s’endort, l’esprit en ébullition.
Commence alors son premier rêve :
. Il marche dans la rue. Un vent violent le pousse contre un bâtiment. Il s’agit du collège jésuite de La Flèche, là où il a fait ses études de 1606 à 1614. Il entre et rencontre un homme qui l’appelle par son nom. On lui propose un melon ! Descartes se réveille. Ce rêve l’intrigue. Il passe deux heures à méditer. Puis se rendort.
Débute alors le deuxième rêve :
. Il se trouve dans une pièce, où, après un coup de tonnerre, la foudre fait descendre sur lui comme une pluie d’étincelles. Il se réveille une seconde fois, puis se rendort de nouveau.
Vient alors le troisième rêve :
. Où il est question d’une encyclopédie, et où un personnage apparaît, un poète.
Pour Descartes ces rêves ont un sens. Ils lui indiquent une mission. Le vent est le mauvais génie qui le pousse vers les savoirs anciens. Il doit s’en détourner. La pluie d’étoiles signifie qu’il a été choisi pour dévoiler une grande vérité. L’apparition de l’encyclopédie indique la voie : unifier les connaissances autour d’une méthode nouvelle, fondée sur la seule raison. Voilà son projet.

Descartes va alors se retirer de la vie militaire. Après avoir hérité d’une petite fortune familiale, il passera le reste de ses jours à satisfaire sa passion : la science. Après avoir transité par plusieurs pays : - Hollande, Allemagne, Suisse, Italie- puis fait des retours épisodiques en France, il se fixe en Hollande en 1628. Là, il pense trouver une plus grande tranquillité d’esprit. Il se met à la rédaction de plusieurs écrits dont un Traité du monde qu’il renonce à publier craignant l’hostilité de l’Eglise (il ne le sera qu’après sa mort en 1701).

En 1637, Descartes se décide à faire imprimer trois traités qui résument les travaux qu’il mène depuis des années en optique (Dioptrique), sur les phénomènes météorologiques (Météores), et surtout sa Géométrie où il expose les bases de la géométrie analytique. Il fait précéder ces traités d’une préface d’une soixante de pages qui deviendra le plus célèbre texte de la philosophie française : Le Discours de la méthode.
« Je pense donc je suis »
Dès le début du Discours de la méthode (1637), Descartes prétend avoir trouvé une méthode infaillible pour faire progresser les connaissances.

Cette méthode repose sur quatre principes :
1. Rejeter les connaissances préalables non assurées et n’accepter que les vérités claires et évidentes (règle d’évidence).
2. Décomposer chaque problème en des problèmes plus simples et élémentaires (règle d’analyse)
3. Remonter pas à pas du simple au complexe (règle de l’ordre)
4. Saisir le tout dans une vue générale pour vérifier qu’aucune faute ou oubli n’a été commis (règle du dénombrement)

Cette méthode, Descartes nous dit l’avoir appliquée avec succès dans le domaine de l’algèbre et de la géométrie. Pourquoi ne pas l’étendre à la nature, à l’homme, à la morale, à la métaphysique ?
Sa démonstration suit plusieurs étapes. D’abord, remettre en cause toutes les opinions acquises : c’est le fameux « doute cartésien ». Mais le doute pouvant mener au scepticisme généralisé, il faut reconstruire. On peut douter de tout, écrit Descartes, sauf d’une chose : le doute lui-même. Douter c’est penser. Et si « je pense » alors « je suis » (du moins en tant qu’être pensants). Cogito ergo sum. Chez l’homme, la raison est première, affirme Descartes. « En tant qu’il a pris le penser pour principe », écrivit Hegel, Descartes peut être considéré comme le véritable initiateur de la philosophie moderne. Cette opinion, qui a longtemps eu cours est nuancée aujourd’hui par certains auteurs qui soulignent les continuités et les emprunts que Descartes a faits à d’autres penseurs ou savantes.

A partir du doute et du cogito, Descartes tente une démonstration de l’existence de Dieu (étant moi-même un être imparfait, il faut bien qu’une entité supérieure ait mis en moi l’idée de perfection). Puis, sa métaphysique étant posée, Descartes revient sur la terre ferme. Le monde qui nous entoure suppose l’existence d’un ingénieur qui en a défini les lois et lui donne en permanence un certain mouvement. Après Dieu, vient le monde : Descartes présente alors sa conception mécaniste du monde. Puis enfin, les questions morales où Descartes s’en tient finalement à des positions assez conformes à celles de son temps.

Le doute, la pensée, Dieu, enfin le monde
Descartes adoptera le même plan argumentatif que dans le Discours de la méthode pour ses textes ultérieurs comme ses Méditations métaphysiques (1641) et ses Principes de philosophie (1644). Dans ces trois textes, on retrouve le même cheminement : le doute suppose la pensée qui implique Dieu qui explique le monde. Tout semble s’enchaîner comme dans une démonstration mathématique. La publication du Discours de la méthode et ses trois traités rend Descartes célèbre dans toute l’Europe cultivée. Des disciples rallient sa cause. Certains le critique vertement.

En Suède, la reine Christine a entendu parler du philosophe. Elle le fait venir à ses côtés pour qu’il lui enseigne sa science. Mais du fait du climat de Stockholm à l’heure de ses rendez-vous avec la reine, fixés à cinq heures du matin, Descartes contracte une pneumonie dont il meurt en février 1650.

J.F Dortier
In Cinq siècles de pensée française

La prochaine fois nous parlerons de PASCAL
sauf si nous parions que les médias, le parleur et le menteur, internet et mon beau frère nous disent : Non


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dimanche 11 juillet 2010

0 Montaigne inconstant - 1532 -1592

"L'amitié se nourrit de communication"
Sceptique dans qui monde qui s'ouvre, Michel Eyquem de Montaigne est sans doute le dernier des humanistes de la Renaissance. Son oeuvre unique est à la fois intimiste et critique, tant elle soulève de questions sur le spectacle de son siècle.
Dans sa tour bibliothèque
Montaigne a trente-huit ans lorsqu'il décide d'abondonner ses charges publiques et de se retirer dans son château. Il va pouvoir enfin se consacrer à ses Essais. Nous sommes en 1571.
Assis à son bureau, au sommet du pigeonnier qu'il a fait aménager en bibliothèque, ilsonge à sa jeunesse. Il se revoit enfant, courant dans la cour du château familial. Son père, selon les principes d'une éducation très moderne, avait voulu que l'enfant aprenne le latin sans effort, comme une langue vivante : précepteur et gens du château, tous sont contraints  à ne parler que le latin devant l'enfant. Il se souvient de la surprise des autres élèves à son arrivée au collège de Bordeaux devant un garçon qui ne parlait que la langue de Cicéron ! Puis il y eut ses études de droit, ses débuts de magistrat au parlement de Bordeaux, sa rencontre avec son ami Etienne de la Boétie, mort à l'âge de trente-trois ans, son mariage avec Françoise de la Chassaigne, ses six filles, toutes mortes en bas âge sauf sa petite Eléonor. Il songe à son père disparu l'année précédente. Tous ces fantômes sont là lorsqu'il commence l'écriture des Essais.

"C'est moi que je peins"
Toute l'entreprise des Essais repose sur ce principe inaugural : Montaigne sera l'objet de son livre. Oser parler de soi est une révolution mentale. Cette posture marque la naissance de l'humanisme (mettre l'homme et non Dieu au centre de l'univers). Mais attention au contresens : individualisme n'est pas narcissisme. Montaigne n'adopte pas une posture avantageuse. Son moi n'est pas souverain. Certes, il écrit sur lui et pour lui ("Je suis moi-même la matière de mon livre"), mais non pour servir sa gloire et obtenir la "faveur du monde". Au contraire. Il s'agit de mettre son âme et sa vie à nu : "Je veux qu'on m'y voie en ma façon simple, naturelle et ordinaire, sans contention ni artivice : car c'est moi que je peins. Mes défauts s'y liront au vif."
Physiquement, il se dépeint sous des traits banals,, il est petit (il en fait manifestement un complexe). Psychologiquement, il se décrit comme inconstant et velléitaire. C'est d'ailleurs selon lui l'un des traits de la nature humaine, affirmé dès le premier essai : "C'est un sujet merveilleusement vain, divers et ondoyant que l'homme. Il est malaisé d'y fonder jugement constant et univorme " (Essais, I,1). Il y reviendra à plusieurs reprises. Dans "L'inconstance de nos actions" (II,1), il écrit : "Chaque jour nouvelle fantaisie, et se meuvent nos humeurs avec les mouvements du temps." C'est donc le poids des influences et des contraintes qui détermine nos actions bien plus que notre volonté ("Nous n'allons pas : on nous emporte", "Nous flottons entre divers avis, nous ne voulons rien librement, rien absolument, rien constamment").
Une volonté défaillante et un esprit inconstant, voilà comment Montaigne se dépeint et dépeint l'humanité en général. Les circonstances nous font changer d'avis... Seul ne change pas notre sentiment d'avoir toujours raison ! A travers ses propres faiblesses, Montaigne veut dépeindre l'homme en général. D'où la célèbre formule : "Chaque homme porte la forme entière de l'humaine condition." En se dépeignant sans concession, il cherche à dévoiler la nature humaine. Le projet consiste donc à partir de soi - ce que l'on connait le mieux et le moins bien à la fois - pour scruter l'âme humaine. Cela suppose une bonne dose d'humilité, d'autocritique, d'autodénigrement et d'autodérision ("Au plus élevé trône du monde, ne sommes assis que sur notre cul") Bien avant Sigmund Freud, il fait de l'auto-analyse. Bien avant les thérapies cognives (l'horreur ndlr), il s'interroge sur ses propres représentations et ses conditionnements mentaux. La réflexivité (capacité de distanciation vis-à-vis de soi) est aujourd'hui à la mode, Montaigne la pratiquait déjà. Il y a plus de quatre siècles. On le voit, il y a en germe chez Montaigne bien des idées fortes redécouvertes plus tard par les sciences humaines.

Les leçons des Essais
Des Essais, on retient en général le message humaniste, une conception interrogative et ouverte du savoir ("Que sais-je ?"), un projet éducatif ("Mieux vaut une tête bien faite qu'une tête bien pleine"), une vision lucide et pessimiste de la nature humaine, de l'inconstance de nos actions et de nos pensées.
Il y a également l'hyme à la tolérance. De ce point de vue, Montaigne représente le parfait chic type. Lui qui vit une époque agitée par les querelles de religion se comporte en sage. Il a fait graver sur une poutre de sa bibliothèque cette sentence : "A tout discours, s'oppose un discours de force égale" Les vérités contraires s'opposent et font couler le sang. En Amérique, alors qu'au nom de Dieu on extermine sans scrupule les Indiens, lui prend leur défense : "Nous les pouvons donc bien appeler barbares, eu égard aux règles de la raison, mais non pas eu égard à nous, qui les surpassons en toute sorte de barbarie." ("Des cannibales") Anthropologue avant l'heure,, il a compris combien nos valeurs et nos jugements sont relatifs à notre milieu. En matière pénale, il sera l'un des rares de son époque à s'opposer à la torture.
On peut y lire aussi sa philosophie du bonheur. Elle se résume dit-il, à un art de mourir ("Que philosophier, c'est apprendre à mourir"). Sur ce point il ne se distingue guère des philosophes antiues dont il est nourri : une pincée de stoïcisme, une autre d'Epicure. Stoïcien, il l'est par son refus de la vanité et son courage d'affronter la mort en face : épicurien, par son goût des choses simples et le culte de l'amitié. Sceptique aussi par son sens aigu de la relativité des pensées. Ce n'est pas là quil a le plus innové.

Critiques
Mais ce serait trahir l'esprit de Montaigne que de ne lui porter que des louagnes. Beaucoup de ses idées -sur le mariage par exemple- ont vieilli. Sa prose est souvent alambiquée, la construction tortueuse et les développement ennuyeux. André Comte Sponville prévient : la lecture des Essais est difficile, parfois rebutante". Charles Dantzig est plus brutal : "Pour tout dire, il m'emmerde" (in Dictionnaire égoïste de la littérature française).
La critique la plus grave, la plus acerbe et la plus juste vient de Nicolas de Malebranche (1638-1715). Méfiez-vous de Montaigne, nous dit l'auteur de De la recherche de la vérité, l'homme est plaisant, modeste, ouvert, il a des idées généreuses ; on lui pardonne donc tout. Et on se laisse bercer par une pensée attrayante mais décousue et sans cohérence. "Ces Essais ne sont q'un tissu de traits d'histoire, de petits contes, de distiques et d'apophtegmes." Montaigne le reconnaît d'ailleurs volontiers : "Mon style et mon esprit vont vagabondant de même." Les lecteurs des Essais savent combien il est difficile de suivre les propos de l'auteur tant s'y trouve de glissements de sens, d'approximations. Mais c'est justement le propre d'un nouveau genre - l'essai. Montaigne a inventé une façon d'écrire et de penser où il se livre sans fard (comme les confidences que l'on fait à un ami). C'est une intelligence en acte qui admet ses propres failles... Décidemment, on lui pardonnera tout !
Jean-François Dortier
in Cinq siècles de pensée française
Collection et Edition "Sciences Humaines"

La prochaine fois nous parlerons de DESCARTES
a moins que l'actualité, les médias, l'internet nous en empêchent !
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dimanche 6 juin 2010

1 Daphné

Elevée dans une famille londonienne aisée, Daphné Du Maurier écrit ses premières pages dignes d'être publiées à l'âge de dix-huit ans. Elle se marie en 1932 avec Sir Frederick Browning, général de division. 'L' auberge de la Jamaïque', récit mélodramatique aux accents hitchcockiens, est le livre qui la fait connaître du grand public. C'est pourtant 'Rebecca' (1938), oeuvre saluée par la critique, qui lui apporte la gloire. Son maniement expert des trames narratives en tous genres, ses décors gothiques et son goût pour la violence et le mystère en font l'égérie du genre romanesque populaire. Daphné du Maurier est également l'auteur de romans historiques et de pièces de théâtre, ainsi que biographe de son père et de Branwell Brontë.

Je viens de recevoir :










A bientôt donc, avant fin novembre pour un résumé, un avis, une interprétation, ce que j'en pense, ce que j'en ai a dire... tout sur la bonne idée d'Océane


Allez, en r'voar !
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mardi 8 décembre 2009

7 L'échappée belle - Anna Galvada*


Oui, je sais, j'avais dit que Anna Galvada c'était un peu comme du Paolo Coelho, sans commentaire donc, pas la peine.

Mais je me suis plongée dans ce délicieux petit livre parce qu'on me l'a offert, et "On", ce n'est pas n'importe qui, c'est symbolique, puisqu'il s'agit de  ma soeur "La Moyenne".

Une petite fugue à trois pour aller retrouver le quatrième de la fratrie. Deux soeurs et deux frères qui s'offrent une parenthèse pour boucler leurs années de jeunesse et poursuivre vers une vie plus adulte. On laisse en plan celle qui est l'épouse de l'un et les belles soeurs pour les autres, celle qui est "rapportée" qui ne vit pas de la même manière, qui n'a pas les mêmes souvenirs, la même complicité. Qui est un peu jalouse finalement de la solidarité partagée entre ces quatre là.


En une journée d'"échappée belle", ces quatre vont délayer leurs souvenirs, la nostalgie de leur enfance, décrire ce qu'ils représentent les un pour les autres collectivement mais aussi individuellement, la grand soeur, Lola, qui était pensée, casée, heureuse et dont la vie se fissure, le frère aînée, Simon, mariée à une sorte de pimbêche coincée, Carine, qui finalement l'a bien aidé à se sociabiliser, à sortir de ses bouquins, le petit frère, Vincent, que l'on croit un moment propriétaire d'un chateau perdu en pleine cambrousse, dont il n'est que le guide ; musicien il a su recréer en une compil' l'atmopshère de leur jeunesse partagée. Tout cela nous est conté à travers les yeux de Garance, la deuxième soeur, jeune femme libre et mélancolique qui s'attache à un pauvre chien trouvé sur le bord de la route !

C'est un livre bien sympathique. Est-il autobiographique ? Si oui, l'auteure est une petite veinarde d'avoir su entretenir de tels liens avec ses frères et soeur. On sent que malgré la distance, la séparation, leur vie personnelle, ils sont tous présents les uns aux autres.

Je crois que "La Moyenne" avait une idée derrière la tête, une pensée consciente, enfin je crois !

*L'échappée Belle, Anna Galvada, La dilettante, Juillet 2009

Tout n'est pas vrai, mais rien n'est pas faux !

Allez, en r'voar !


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vendredi 20 novembre 2009

4 La Pudeur et le voile

Je vous laisse ce week-end avec ce beau texte de mon amie Fawzia Taouzari-Liget. Publié dans le cadre de discussion à  la suite de journées de travail dans notre domaine "psy"
Lisez le et discutez dans les com' je transmettrai à Foufou

par Fouzia Liget

En réponse à Yasmine Grasser

Le texte de Yasmine Grasser, paru dans le « Journal des Journées », mérite d’ouvrir un débat concernant un sujet aussi polémique et passionnant qu’est le voile dans la religion musulmane. Cette question m’anime, m’intéresse, de par mes origines arabo-musulmanes, fille née en France de parents d’origine marocaine, immigrés, venus en France dans les années 70, mon père étant ouvrier.

La religion, la culture, la tradition - tout cela ne dit rien de ce que c’est que d’être une femme. Elles répondent : être une femme, c’est être une épouse, fidèle à son mari, et une mère, dévouée à ses enfants - soit ce que Freud avait lui-même mis en avant, tout en ajoutant que cette réponse restait insatisfaisante. Impasse donc.

Si les traditions étouffent la féminité, l’écrasent sous la loi phallique, la femme ne se laisse pas si aisément ranger sous un signifiant, auquel cas elle souffre, elle étouffe... Le prix a payer est de céder sur son propre désir, son désir de femme. C’est par le biais du symptôme et de la souffrance qu’il y a chance pour la femme de se libérer du carcan traditionnel souvent écrasant.

C’est pourquoi, pour les pays arabo-musulmans, je fais le pari du symptôme et de la psychanalyse.

La femme est pas-toute dans la loi phallique. Le recours à l’analyse permet de lever la chape de plomb qui pèse sur elle, afin que puisse émerger pour elle un « devenir-femme » au-delà du regard de l’Autre. Pour reprendre l’énoncé ... « On ne naît pas femme, on le devient ! »

Comment devient-on femme au 21ème siècle ? Ma réponse : par la voie de l’analyse, et dans un combat solitaire pour rejoindre la vérité de son désir de femme – solitaire, mais pas sans son analyste.

***

Pour toute musulmane pratiquante, le voile islamique est avant tout une obligation religieuse Libre à chacune de le porter ou non. Dans un pays comme le nôtre, où la laïcité prime dans les lieux public, le porter, c’est assumer le risque de se trouver exclue du monde du travail. C’est l’une des grandes polémiques concernant le voile. Celles qui le porte attendent de la France une reconnaissance de leur singularité, de leur pratique religieuse.

Allah, dans le Coran, après avoir ordonné aux hommes de garder le regard baissé, demande au Prophète Mohammed de s'adresser aux croyantes en ces termes :

« Et dis aux croyantes de baisser leurs regards, de garder leur chasteté, et de ne montrer de leurs atours que ce qui en paraît et qu'elles rabattent leur voile sur leurs poitrines ; et qu'elles ne montrent leurs atours qu'à leurs maris, ou à leurs pères, ou aux pères de leurs maris, ou à leurs fils, ou aux fils de leurs maris, ou à leurs frères, ou aux fils de leurs frères, ou aux fils de leurs soeurs, ou aux femmes musulmanes, ou aux esclaves qu'elles possèdent, ou aux domestiques mâles impuissants, ou aux garçons impubères qui ignorent tout des parties cachées des femmes.... »

Le second verset qui évoque l'obligation de porter le voile est le 59ème de la Sourate 33, dans lequel Allah dit :

"Ô Prophète ! Dis à tes épouses, à tes filles, et aux femmes des croyants, de ramener sur elles leurs grands voiles : elles en seront plus vite reconnues et éviteront d'être offensées. Allah est Pardonneur et Miséricordieux."
***

Pourquoi, en Islam, cherche-t-on à voiler les femmes ? afin de préserver leur pudeur et leur chasteté. Le voile a pour fonction première d’assurer aux femmes musulmanes pudeur et discrétion.

Que penser alors du voile en France ? En France, les femmes voilées sont minoritaires, elles se font remarquer, intention inconsciente ou non, on les distinguent entre toutes les autres , et pire pour celles qui portent la bourka, et le nighab. On est loin de la discrétion.

Qu’en est-il de la pudeur ? Le voile a pour fonction de dissimuler, cacher, dérober le corps féminin au regard masculin. En parallèle, l’Islam donne une place importante à la sexualité. Entre les époux, la sexualité est reconnue, et même encouragé. L’Islam reconnaît qu’il est normal qu’un homme et une femme recherchent le contact sexuel. C’est pourquoi il codifie les rapports entre les sexes. Le voile permet aux femmes musulmanes pratiquantes de s’avancer dans la sphère publique, dans le monde du travail. Le voile permet donc la mixité.

***

Lorsqu’on pense Islam, le préjugé qui émerge d’emblée, c’est : soumission de la femme à l’homme.

Dans la culture arabo-musulmane, la femme fascine, dérange. Elle y est décrite comme une diablesse, «chitana », une tentatrice, une séductrice. Les poètes arabes ont de tout temps chantés le charme et la beauté des femmes orientales. La femme est perçu comme une chasseresse, et l’homme comme la victime. La faute est imputée aux femmes et la faiblesse à l’homme. Pour préserver l’homme d’être détourné de Dieu et du droit chemin, on recommande aux femmes de se voiler. Le voile indexe donc le pouvoir du corps féminin sur l’homme - la supériorité de la femme sur l’homme. Elle a le pouvoir de détourner n’importe quel homme de sa foi envers Dieu : la passion est déraison, l’amour rend fou… Point trop de passion, de désir et d’amour !

Il y a donc un envers : le voile révèle ce qui se cache, connotant sa transgression possible. L’interdit pointe la jouissance. Le voile indique que toute relation à l’autre sexe implique nécessairement la question sexuelle. Le corps féminin en est d’autant plus sacralisé.

Cela montre bien combien les traditions, les religions, sont obsédés par la crainte de la sexualité féminine et du corps féminin. Quand vous êtes une fille de tradition arabo-musulmane, on vous apprend très tôt la pudeur, dès la puberté. Ce sont les mères qui transmettent cela aux filles. On vous apprend comment vous habiller. On vous dicte comment vous comporter. Ce n’est pas pour rien que les filles ont une place importante dans les familles : elles portent l’honneur du père. La virginité en est le garant. Et si les sorties sont autorisées pour les filles, les mères leurs transmettent l’obligation de chasteté : « Embrasse, mais attention à ta 'boîte en or'».

Toute l’énergie de la culture arabo-musulmane vise à faire taire et à cadenasser la sexualité féminine, à séparer les sexes. La pratique de la séparation des sexes dans les mariages, par un rideau, et la non-mixité, restent courantes dans beaucoup de familles maghrébines pratiquantes. La religion autorise les femmes voilées à retirer leur voile devant leur père et leurs frères, mais dans la réalité, beaucoup ne se l’autorisent pas, par honte, par pudeur.

***

En France, le voile vous isole dans le monde du travail, voire vous en exclue. Et pourtant les femmes qui portent le voile attendent de la France une reconnaissance de leur singularité. Elles veulent travailler. Les femmes musulmanes voilées ne sont plus cantonnée à la sphère privée, elles étudient aussi bien que les hommes, vont à l’Université, se mélangent, ont le désir de réussir dans le monde du travail, dans le monde politique et social. Elles sont françaises, nées en France. Elles se vivent modernes et occidentalisées.

C’est d’ailleurs ce qui dérange, puisqu’on fait très vite l’équation : voile = soumission. Leur refus de retirer le voile a pour elles des conséquences tragiques : exclusion, souffrance, incompréhension. Le risque est d’aller vers un communautarisme musulman : faire bloc contre l’injustice, et le sentiment de rejet et d’oppression, alors que la mixité culturelle est une richesse qui permet de dépasser l’ignorance et les stéréotypes.

La religion n’est-elle pas avant tout une affaire personnelle et spirituelle ? Qu’a-t-elle affaire à s’afficher aux yeux de tous ? Certaines femmes musulmanes voilées trouvent des compromis, en s’autorisant à retirer le voile dans leur milieu professionnel.

***

Je termine en mettant l’accent sur une division et un paradoxe dont les filles musulmanes émancipées ont l’expérience.


D’un côté, à force d’être dévoilé, dénudé, exposé, exhibé, comme objet érotique, le corps féminin perd en fait de sa valeur érotique, voit diminuer son agalma, est banalisé.


De l’autre, la pudeur, au nom de quoi le corps féminin est voilé, a pour résultat d’érotiser en fait ce corps, de le sacraliser.

Donc, une fille qui se dévoile pour se fondre dans la société française, et y faire son chemin, a en même temps le sentiment d’une perte : restera-t-elle aussi désirable pour l’homme que ses soeurs voilées ?

On voit ainsi se dessiner deux positions extrêmes concernant le regard porté sur le corps féminin.


http://www.wikio.frVoter !

lundi 2 novembre 2009

6 L'âge d'or Hollandais

Je ne suis pas une adepte des musées, ce n'est pas mon truc, je ne sais pas bien regarder les tableaux.
  
*ci-dessous

 J'aime certains artistes, certains tableaux, mais je n'ai pas cette culture. Ce qui ne m'a pas empêchée, lors d'un passage à Paris de me rendre à la pinacothèque, voir l'exposition  "L'ÂGE D'OR HOLLANDAIS" seule. Oui, j'aime aller seule dans ces endroits. Je ne sais pas bien partager ce que je ressens lorsque je vois certaines merveilles. D'ailleurs je trouve parfois qu'il y a beaucoup de "croûtes" devant lesquelles on écarquille bêtement les yeux pour faire comme tout le monde, alors que même si la technique est extraordinaire le résultat est moche, enfin c'est mon avis que je partage avec moi-même.

J'ai bien appréciée cette exposition très bien réalisée. J'ai appris plein de trucs. Que les "Natures mortes" auparavant s'intitulaient des "Vanités" montrant la précarité de la vie, l'éphémère de la nature.
"Une vanité est une catégorie particulière de nature morte dont la composition allégorique suggère que l'existence terrestre est vide, vaine, la vie humaine précaire et de peu d'importance. Très répandu à l'époque baroque, particulièrement en Hollande, ce thème s'étend à des représentations picturales comprenant aussi des personnages vivants comme Les Ambassadeurs d’Holbein. (Merci Wiki)."

J'ai pu voir celle ci :

Vanitas-nature morte avec des livres  

Egalement exposé des "Clair obscur" de Rembrandt et des Hollandais, pour lesquels le passage obligé était un stage à l'Ecole Italienne avec comme inspirateur "Le Caravage"
" Le clair-obscur est une technique picturale dans laquelle des parties claires côtoient immédiatement des parties très sombres, créant des effets de contrastes parfois violents. Ce procédé a été mis au point dès la Renaissance, mais porté à son apogée par Le Caravage (peintre italien des XVI-XVIIè siècles) et ses suiveurs. "  


Rembrandt - Auto portrait

Dans la série des Paysages, celui que j'ai préféré est celui là mais il avait un bien meilleur rendu en "vrai'  


Le moulin à eau de Meindert Hobbema
On y voir une cascade peinte de telle façon que l'on a envie d'aller s'y ressourcer  

Parmi les "Scènes de genre", scènes de la vie quotidienne, j'ai bien aimé celui-là

mais la description m'a laissé coite :
"Scène d'intérieur avec une mère épouillant son enfant"
Regarde la lumière, regarde le chien, la fenêtre ouverte
J'aime bien.

Voilà en gros, si tu as 45' tu ne perdras pas ton temps,
et pour des infos plus "chiadées", clique là

Allez, en'rvoar !

mercredi 2 septembre 2009

0 Mais.....


Mais, les plus précieux

sont ceux-là

et ceux-là

ne cesseront jamais

de se lire

5 NON je ne lis pas QUE des catalogues

Donc voila, eheh, je viens de découvrir  la nouvelle version de blogspot !!! Trop bien !
c'est pas pour ça que je viens te causer, juste pour dire à certaine... que j'ai le nez dans :
"Dans la marche du temps" de Daniel Rondeau, 1150 pages. Oui, mille cent cinquante pages -version Poche je tiens à le préciser....
"Orgueil et préjugé" de Jane Austen , 621 pages. Oui, six cent vingt et une pages - version Poche-
que j'ai en PAL comme disent les gens .. que j'ai en cours... mais laissé et reprendrai. Pas fan d'Austen, pas ma tasse de thé british !
"L'Ombre du vent" de Carlos Ruiz Zafon, 636 pages. Oui six cent trente six pages - toujours en Poche- j'ai lu hier une critique chez George Sand et Moi qui confirme mon envie de le dévorer....
"Le pays du dauphin vert" d'Elizabeth Goudge, 792 pages. Oui sept cent quatre vingt douze pages, en encore en Poche.... Là je sais pas où je vais
Alors, ta d'jeule à ceux qui critique mes tatalogues !!!!!! Et va pas croire que je fais que ça,je bosse, je tricote, je fais du vélo, je dépense des sous, j'en gagne un peu, je fais du ménage, je range, je fais du lavage... on dit quoi ?
on dit : BRAVO
Et il y en a d'autres !!!!!
Bon elle est géniale cette nouvelle formule de blogspot !!!

mardi 25 août 2009

8 L'été est fait pour se culturer.....sinon c'est pas la peine !

Tu peux aller lire ma participation chez AngélitaM, là, sinon régale toi du billet de ce jour :

Bon, les aminches, les gueurles, les filles, les nanas, les poulettes, les cocottes, je vous ai bien fai marrer avec mes lectures, mais voila les prix de l'été 2009 décernés par moi-même




Et je vous recommande les pages de petites merdouilles pour faire des trucs incroyables, éplucher les haricots, couper les patates sans patates, s'habiller pour trois sous... bref je trouve ces livres géniaux, à garder toute l'année sur le chevet, comme à la clinique, au pied ? à la tête ? du malade ? euh je sais plus... à portée de mains.
Allez, en r'voar !

dimanche 23 août 2009

4 Cent livres.... piqués chez Madamme Kevin, les livres !

100 livres, ça fait combien de kilos ?

Je reviens du blog de Madame Kevin et j’ai découvert ça, faite donc suivre comme elle dit et donnez vos avis. Thank a lot.

Donc allez chez Madame K vous aurez ses avis

J'ai trouvé sur les blogs de Koyangi et de July, une liste de 100 livres (soi-disant les préférés des français mais un jour je vous dirai ce que je pense des sondages).

Quoi qu'il en soit, la liste m'a intéressée. J'ai marqué en rouge les livres que j'ai lus.

Et j'ai fait tout pareil comme elle.

1. La Bible - Des bouts, quand j’allais au cathé, à la messe, mais j’ai envie de la relire pour les mythes. J’aimerais aussi lire le Coran et la Torah…
2. Les misérables de Victor Hugo
3. Le petit prince d'Antoine de Saint-Exupéry
4. Germinal d'Emile Zola
5. Le seigneur des anneaux de J.R.R. Tolkien
6. Le rouge et le noir de Stendhal
7. Le grand Meaulnes d'Alain-Fournier
8. Vingt mille lieues sous les mers de Jules Verne
9. Jamais sans ma fille de Betty Mahmoody
10. Les trois mousquetaires d'Alexandre Dumas
11. La gloire de mon père de Marcel Pagnol
12. Le journal d'Anne Frank d'Anne Frank
13. La bicyclette bleue de Régine Deforges
14. La nuit des temps de René Barjavel (lu un autre de fiction retrouve pas le titre mais excellent)
15. Les oiseaux se cachent pour mourir de Colleen Mc Cullough
16. Dix petits nègres d'Agatha Christie
17. Sans famille d'Hector Malot
18. Les albums de Tintin de Hergé (j’aime pas Tintin)
19. Autant en emporte le vent de Margaret Mitchell
20. L'assommoir d'Emile Zola
21. Jane Eyre de Charlotte Brontë
22. Dictionnaires Petit Robert, Larousse, etc. J’ai appris tous les mots, comme avec l’annuaire
23. Au nom de tous les miens de Martin Gray -Non, je n’ai jamais eu envie de lire ce sinistre fait divers où l’homme perd toute sa famille dans sa voiture qui brûle alors qu’il n’est pas loin… pourquoi ?
24. Le comte de Monte-Cristo d'Alexandre Dumas
25. La cité de la joie de Dominique Lapierre
26. Le meilleur des mondes d'Aldous Huxley
27. La peste d'Albert Camus
28. Dune de Frank Herbert
29. L'herbe bleue Anonyme
30. L'étranger d'Albert Camus
31. L'écume des jours de Boris Vian
32. Paroles de Jacques Prévert
33. L'alchimiste de Paulo Coelho - Quelle Horreur… ou Erreur ?
34. Les fables de Jean de La Fontaine
35. Le parfum de Patrick Süskind
36. Les fleurs du mal de Charles Baudelaire. Par petites touches !
37. Vipère au poing d'Hervé Bazin
38. Belle du seigneur d'Albert Cohen
39. Le lion de Joseph Kessel
40. Huis clos de Jean-Paul Sartre
41. Candide de Voltaire
42. Antigone de Jean Anouilh
43. Les lettres de mon moulin d'Alphonse Daudet – Qui n’a jamais vu Avignon au temps des papes demande la maîtresse en 6ème, une bonne sœur, Ben moi, je dis Moi, je me suis prise une engueulade !!!!!
44. Premier de cordée de Roger Frison-Roche
45. Si c'est un homme de Primo Levi
46. Les malheurs de Sophie de la comtesse de Ségur
47. Le tour du monde en 80 jours de Jules Verne
48. Les fourmis de Bernard Werber
49. La condition humaine d'André Malraux - Je le mets en rouge, mais je le commence et chaque fois j’arrête…. Va savoir pourquoi ?
50. Les Rougon-Macquart d'Emile Zola 51. Les rois maudits de Maurice Druon (j’accroche pas à ce truc la même à la télé)
52. Cyrano de Bergerac d'Edmond Rostand
53. Les hauts de Hurlevent d'Emily Brontë
54. Madame Bovary de Gustave Flaubert
55. Les raisins de la colère de John Steinbeck
56. Le château de ma mère de Marcel Pagnol
57. Voyage au centre de la Terre de Jules Verne
58. La mère de Pearl Buck – Non mais « Pivoine »
59. Le pull-over rouge de Gilles Perrault –(vu le film)
60. Mémoires de guerre de Charles de Gaulle
61. Des grives aux loups de Claude Michelet (vu un feuilleton télévisé)
62. Le fléau de Stephen King
63. Nana d'Emile Zola
64. Les petites filles modèles de la comtesse de Ségur (Ah avec Sophie Fichini, si j’avais eu une fille, je l’aurai appelé Sophie !)
65. Pour qui sonne le glas d'Ernest Hemingway (une très bonne adaptation cinématographique)
66. Cent ans de solitude de Gabriel García Márquez - Je me suis emmerdée à me forcer à aller jusqu’au bout, il y en a qui disent : cent ans de platitude, j’suis d’ac
67. Oscar et la dame rose d'Eric-Emmanuel Schmitt - EES a bien baissé depuis dans l’écriture, je viens de lire le Sumo, va lire ce que je dis sur mon Téôyasmin :
68. Robinson Crusoé de Daniel Defoe.
69. L'île mystérieuse de Jules Verne
70. La chartreuse de Parme de Stendhal (Il est beau mon Fabrice ! réplique que j'ai toujours en tête)
71. 1984 de George Orwell - A mettre dans PAL indiscutablement
72. Croc-Blanc de Jack London.
73. Regain de Jean Giono
74. Notre-Dame de Paris de Victor Hugo
75. Et si c'était vrai de Marc Levy - LA HONTE VEGRA ça devait être son 1er non ?
76. Voyage au bout de la nuit de Louis-Ferdinand Céline. Je me suis forcée aussi… je comprend les raisons de Mme Kevin
77. Racines d'Alex Haley
78. Le père Goriot d'Honoré de Balzac
79. Au bonheur des dames d'Emile Zola
80. La terre d'Emile Zola
81. La nausée de Jean-Paul Sartre
82. Fondation d'Isaac Asimov
83. Le vieil homme et la mer d'Ernest Hemingway
84. Louisiane de Maurice Denuzière
85. Bonjour tristesse de Françoise Sagan
86. Le club des cinq d'Enid Blyton Oui mais le Club des 5 il y en avait plein, c’était une collection, elle était « verte », il y avait aussi les « rouges » qui correspondaient à différents styles ou âges, je ne sait plus ! Edit de 22 h 08 voici un lien pour la série du Club des cinq
87. Vent d'est, vent d'ouest de Pearl Buck
88. Le deuxième sexe de Simone de Beauvoir
89. Les cavaliers de Joseph Kessel
90. Jalna de Mazo de la Roche (Par l’intermédiare de ma Belle-doche, mais il y en a une pelleté de Jalna non ?) Edit de 22 h 11 voici un lien pour les Jalna
91. J'irai cracher sur vos tombes de Boris Vian
92. Bel-Ami de Guy de Maupassant
93. Un sac de billes de Joseph Joffo
94. Le pavillon des cancéreux d'Alexandre Soljenitsyne
95. Le désert des Tartares de Dino Buzzati
96. Les enfants de la terre de Jean M. Auel
97. La 25e heure de Virgil Gheorghiu - Je l’ai lu en une nuitée, j’étais en stage, c’était il y a bien longtemps… et le film une merveille avec Anthony Perkins… Chante Johan la liberté c’est de chanté, chante Johan… n’oublie pas qu’elle est belle, n’oublie pas qu’elle t’aime….
98. La case de l'oncle Tom de H. Beecher-Stowe
99. Les Thibault de Roger Martin du Gard
100. Le silence de la mer de Vercors

Mon top 5 du top 100 :

1. Le Deuxième sexe de Simone de Beauvoir
2. Le Meilleur des mondes d’Adouls Huxley
3. Le Petit Prince d’Antoine de Saint Exupéry
4. La vingt-cinquième heure de Virgil Gheorgiu
5. Huis clos de Jean-Paul Sartre
Mais, je mettrais bien tous ceux-la au même niveau, ils sont différents….
Et j’en rajouterai quand même d’autres… tiens je vais faire mon top 100 un de ces 4. Cependant je constate que Verne, Zola, Balzac... ces classiques là c'est pas mon truc....trop scolaire ? je ne sais pas car je ne connais pas... donc j'ai encore du pain sur la planche pour être une femme savante. Moi qui croyais TOUT savoir, ben zut alors, je tombe du haut de ma hauteur !

Et vous, quels sont vos préférés dans la liste ?
Edit : la liste circule sur d'autres blogs et j'en suis ravie. Vous pouvez la retrouver chez Fafa, Faustine

dimanche 16 août 2009

0 Sacré toi va !

Hello, je ne t'ai pas raconté mon séjour à Barcelone, figures -toi que j'ai vu de ça :

La Sagrada familia, cette cathédrale à laquelle Gaudi a consacré le restant de ses jours.

Actuellement, elle mesure 115 m. de haut. En chantier depuis plus de cent ans, on prévoit qu'elle sera terminé en 2026 a peu près année du centenaire de la mort de Gaudi. Les plans de Gaudi ne sont plus totalement respectés car avec les années qui passent chacun y met sa petite touche de fantaisie.

Si tu montes au clocher il ne faut pas avoir le vertige car tu y accèdes par un petit escalier peu large, sans rambarde, donc tu es tout de suite dans le vide. Accroche-toi Jeannette !

jeudi 13 août 2009

5 Cadavre exquis : la nouvelle de l'été ! suite



Le projet : partie d'une idée et du blog d'Aude Nectar, la nouvelle de l'été a fait son petit bout de chemin depuis ! Après moult déplacements dans la blogosphère, elle a atterri ici même la semaine dernière et j'ai donc apporté ma petite contribution à cette oeuvre bloguesque collective... Attention, soyez attentifs car la fin approche !
****************
L'été arrive, et avec elle l'envie d'organiser une chaîne littéraire sans prise de tête, de créer ensemble une nouvelle légère, drôle, délirante ou macabre, je ne peux rien promettre car je n'en serai maître que d'une infime partie. Je lance aujourd'hui le début en deux ou trois phrases, et je ne demande pas plus en terme de participation. Simplement en quelques mots de laisser libre court à votre imagination, tout en étant attentif à ce que l'ensemble reste cohérent. Chaque blogueur sollicité écrit la suite de l'histoire et passe la main à un autre de son choix. En le prévenant aussi par mail pour qu'il prenne rapidement le relais. Ou soit remplacé s'il ne souhaite pas participer. N'hésitez pas à faire rentrer des gars dans la chaîne, que ça ne reste pas qu'une fiction de nanas, et des blogs de genres différents. Je suis curieuse de lire ce que ça peut donner et qui participera. De temps en temps je vous informerai de l'avancement de la nouvelle, et de l'endroit où elle se trouve.
Et surtout, je vous remercie d'avance pour votre possible participation et le piment que vous apporterez à nos vacances !
Le pitch: Une amitié féminine, des trahisons, de la manipulation: La vie quoi ! La mafia russe, une nouvelle Mme Claude, des escorts girl, les renseignements généreux, un Président interventionniste: La fiction quoi!
Rendez-vous au tas de sable: je suis à la fin, au fond prés du radiateur.


A dossée contre un arbre, dans le square où elle s'est réfugiée, Suzanne rumine sa rancune. Même le soleil qui veut lui faire croire que tout va bien l'exaspère. Avec hargne, elle explose sa boîte de tic-tac sur le sol, et les points oranges et verts s'éparpillent dans mille directions.
Aude
En retard, sa meilleure amie est en retard. Comme toujours. Sa meilleure amie ? Suzanne commence à se poser la question. Pendant des années, Céline, la belle Céline l’a fascinée. Elle était son modèle, quasiment son icône. Suzanne essayait maladroitement de l’imiter en tout et en moins bien. Forcément. Céline était inimitable, elle le savait, et elle en profitait.
Manu
A l’image des deux fourmis qui s’affrontent sous ses yeux pour un tic-tac, Suzanne est consciente que l’une d’elles doit l’emporter. Et il se pourrait bien que, cette fois, ce soit elle la gagnante. Écrasant de l’index la fourmi la plus grande, elle se détend en imaginant le visage de Céline lorsqu’elle lui apprendra qu’Arnaud la quitte. Pour elle.
Virginie
Oui. Toutes ses pensées sont encore tournées vers la nuit dernière, moment magique où il la couvrait de ses baisers tendres, parcourant tout son corps, parcelle par parcelle, de sa langue langoureuse lui glissant dans le cou, de sa bouche charnue, lui mordillant les lèvres. Jamais auparavant, elle n’avait ressenti une telle sensation avec un homme, elle ne contrôlait plus son corps avec lui, elle lui appartenait. En repensant à ces moments sensuels et charnels, elle ressent un large frisson en ricochet sur l’intégralité de la surface de sa peau. Chaque minute passée à ses côté lui paraissent tellement courtes, mais l’heure n’était pas à celles des souvenirs, ni des bons moments, elle allait rentrer dans une ère de chamboulements. Son dernier tic tac rescapé fut brusquement explosé par sa mâchoire.
Gazelle
Le goût sucré de son dernier tic tac lui rappela sa folle nuit d’amour. Un frisson de plaisir parcourut son échine. Une douce torpeur l’envahit. Ses pensées furent brusquement interrompues par l’incessante vibration qu’elle sentait à l’intérieur de son jean. Son portable. Un nouveau message venait d’arriver. En voyant le nom qui apparut, son coeur se mit à battre la chamade. Jonathan, l’homme avec lequel elle vivait. A lui aussi elle devrait briser le coeur ce soir. Puis, en pensant à comment annoncer la nouvelle à celui qui venait, le matin même, de lui livrer la plus belle gerbe de roses thé, un autre message arriva. Arnaud. Elle appuya sur la touche Lire, puis ces mots apparurent : annule tout, je te quitte.
Angie
D eux ruptures dans une seule journée. Quitter et être quittée. Elle ressentait de la culpabilité à l’égard de Jonathan et du chagrin à cause d’Arnaud. Mais elle éprouvait également un vrai sentiment de libération. Elle pourrait désormais arrêter de jongler avec les emplois du temps et les mensonges. Elle pourrait exister autrement que dans le désir des autres. La liberté se paye souvent du prix de la solitude : elle le savait et était prête à payer. Cash. Elle envisageait avec volupté des journées d’insouciance et d’égoïsme, des nuits passées à apprécier le silence et à s’étendre en travers du lit. Se recentrer sur soi et ne plus se partager. Pour être, plus tard, de nouveau disponible. Pour qui ? Pour quoi ? Il était délicieux de laisser ces questions en suspens…
Madame Kévin
Soudain, elle aperçut la silhouette de Céline, dont le retard dépassait maintenant les vingt minutes. Je l’avais presque oubliée, pensa Suzanne. Qu’est-ce-que je lui dis maintenant? Que j’ai passé la nuit la plus merveilleuse avec son mec, mais que c’était purement sexuel donc no problem? Ou bien que son mec est vraiment pas un bon coup et que je le lui laisse, plus vache ça! Ou bien la gentille Suzanne va encore fermer sa gueule devant sa supposée meilleure amie, bougonna Suzanne, intérieurement, car Céline était déjà là devant elle : « Salut ma belle! » dit joyeusement Céline…
Sylvie
-”lut”, répondit Suzanne qui ne cachait pas son mécontentement. Pourtant, Céline n’y prit même pas attention, elle avait l’air ailleurs. Elle arborait un sourire béat et ses yeux pétillaient de mille feux. Elle vint à la rencontre de Suzanne et ne s’excusa pas de son retard. Il est vrai qu’avec elle, c’était une habitude de ne pas arriver en temps et en heure, séduisante comme elle l’est, personne ne lui en tenait rigueur, il lui suffisait d’un regard pour effacer toute rancune. -”Ben t’en fais une tête”, lança Céline. Silence… -”Allez, viens, allons nous promener”, dit-elle, tout en faisant demi-tour sur ses talons. Par mégarde, en se retournant, Céline fit tomber une lettre de sa poche. Suzanne qui lui emboîtait le pas s’abaissa pour la ramasser, et, en un coup d’oeil, elle vit l’adresse de l’expéditeur : Jonathan. SON Jonathan.
Good Girl
Son sang ne fit qu’un tour. Elle tira le papier hors de l’enveloppe et lu son contenu. Une simple phrase, quelques mots griffonnés à la hâte: “Il faut que Suzanne sache la vérité avant qu’il ne soit trop tard”. Tout se mit à tourner autour de Suzanne, ses oreilles se mirent à bourdonner, des points noirs dansaient devant ses yeux et mille scénarios défilaient dans sa tête. Elle couru alors derrière Céline, l’attrapa pas le bras et l’obligea violemment à se retourner. Elle brandit la lettre sous ses yeux et lui hurla : -” Tu peux m’expliquer? TU PEUX M’EXPLIQUER?” Le sourire de Céline s’effaça immédiatement, elle pâlit et se mit à balbutier. -”C’est… c’est pas facile à… à te dire… Ne m’en veux pas… Je n’ai pas eu le choix… Je devais le faire… Je devais…” Et elle se mit à sangloter comme un enfant. Suzanne n’avait jamais vu Céline dans cet état. Perdue, elle hésita sur la conduite à adopter. Consoler son amie ou la pousser à livrer ce secret qui semblait si terrible.

Vanessa
E lle se sentait tiraillée entre la détresse de son amie, et ses interrogations devant ces mots “Il faut que Suzanne sache la vérité avant qu’il ne soit trop tard”. Elle ne voyait pas ce qu’ils pouvaient signifier, elle ne comprenait pas. Céline était-elle déjà au courant de leur petite aventure, à Arnaud et elle? Etait-ce un jeu entre eux? Ou alors l’état de Céline n’avait rien à voir avec la nuit qu’elle, Suzanne, avait passée à la trahir, et y avait-il alors un problème bien plus grave? Suzanne prit le parti de consoler son amie, en se disant qu’elle ne parviendrait à en apprendre plus sur cette lettre que d’une Céline calmée. “Ce n’est sûrement pas si grave, tu sais… Tu peux m’expliquer, je ne te jugerai pas”, lui dit-elle. Elle n’était pas sûre de ses paroles. Elle ne savait pas où elle mettait les pieds. En même temps, elle avait elle-même été une amie plutôt imparfaite, dans la situation, donc elle n’était pas dans la meilleure position pour porter un jugement. Cependant, les larmes de Céline ne se calmaient pas, elle était secouée de sanglots, ne parvenait plus à parler. Suzanne était de plus en plus intriguée. Elle, qui, quelques instants plus tôt se réjouissait de sa liberté retrouvée, se sentait comme prise au piège, et elle ne savait même pas expliquer pourquoi. Comme elle ne pouvait rien tirer de Céline, elle s’éloigna un instant. Elle avait besoin d’une explication. Elle sortit son téléphone, et appela Jonathan. Il décrocha quasi instantanément.
SpaCitron
« a h… j’allais t’appeler … » lui dit-il d’une voix sombre « on peut se voir ce soir? J’ai un truc à te dire… ». « Dis-le moi maintenant, j’ai prévu de voir Agathe ce soir, j’ai eu un mail d’elle tout à l’heure» répondit sèchement Suzanne. « A vrai dire … Agathe et moi voulions te voir … » « ça veut dire quoi Agathe et moi ? » demandait Suzanne, avec moins d’assurance. « Nous voulions te voir pour t’annoncer que nous allons nous marier … nous n’avons pas voulu le faire par téléphone, mais là je pense que je n’avais pas le choix … je voulais aussi te …» Suzanne avait déjà raccroché, mais son téléphone était resté collé à son oreille, puis glissé dans son sac, en même temps qu’une larme. Elle était incapable de réfléchir, elle sentait un vide autour d’elle. La main de Céline posée sur son épaule vint la tirer de ce vide, du coup, elle se sentait moins seule, presque rassurée à l’idée que Céline aurait encore plus mal qu’elle à l’annonce de cette nouvelle qu’elle ne voulait pas garder pour elle. « Jonathan vient de m’annoncer qu’il va se marier avec Agathe ». « Oui je sais » répondit Céline en caressant les cheveux de Suzanne, comme pour la consoler. Comme électrocutée par la main de Céline, Suzanne fit un bon en arrière. Elle ne comprenait plus rien, elle avait l’impression que tout basculait. « Oui je sais … je sais » lui assénait encore une fois Céline, « Mais alors la lettre, la lettre de Jonathan, qu’est ce que ça veut dire ? », « Nous avons juste eu une aventure, et on ne voulait pas garder ça par respect pour notre amitié, maintenant qu’il se marie avec Agathe et qu’Arnaud m’a demandé en mariage ce matin même ».
M1
- Mais quelle bande de pignoufs ! S’exclame Suzanne et sur ce, elle plante là cette chignarde de Céline. Son instinct de survie l’emporte enfin sur toute émotion. Exit Arnaud le chaudard, exit Céline le faux jeton, exit Jonathan le goéland, exit Agathe la petite joueuse. La brise lui chatouille les jambes. Du haut de son échafaudage un ouvrier la siffle gentiment. Suzanne accepte le compliment d’un sourire. Décidément, c’est une belle journée qui commence…
M.
« Son téléphone, vibre. Revibre. Et une troisième fois. Mais Suzanne ne regarde pas le nom qui s’affiche sur l’écran de son portable dernier cri. Elle préfère sourire, simplement mais durement. Dans sa tête, seul le mot vengeance résonne, vient taper contre sa boîte crânienne, à chaque seconde plus fortement, au fur et à mesure que son plan machiavélique se met en place. Oui, c’est une belle journée. Car Suzanne sait, que quelque part, elle en sortira « gagnante» . Son amour pour Jonathan, Arnaud ou encore Céline (et même celui pour les tic-tac) s’est transformé en haine. Et maintenant, elle sait. Elle sait. Elle va le faire. Arrivée au coin de la rue des roses, elle aperçoit, a LEUR table, au café « le petit noir» , Arnaud. Il est là. fidèle au poste. Et c’est par lui que son plan va commencer à se mettre en place. « Salut Arnaud!»
Noisette
Et alors qu’Arnaud, l’objet de tous les désirs, le mâle tant convoité, le Tic-Tac ultime, se retournait à l’appel de son prénom, celui que Suzanne aimait tant entre, murmurer, crier sur ou sous l’oreiller, elle réalise non seulement qu’elle aurait dû refuser le plat du jour ce midi à la cantine, la petite tomate farcie à l’ail de Garonne, mais encore qu’une jeune et jolie brunette sort du “Petit noir”, et enlace le cou d’Arnaud, avant de déposer un baiser suggestif au creux de son oreille. Elle sait qu’Arnaud ne répond plus de rien quand il a une langue fourrée jusqu’aux portes de son tympan.
zette
La scène qui s’offrait à Suzanne fut d’une jouissance extrême, puisque la première vengeance lui fut servie sur un plateau… En effet, le barman qui venait de servir la table d’à côté, se retourne, et… Voit sa dulcinée, qu’il croyait être sienne pour la vie, en train de ramoner l’intégralité du système otorhino-laryngologique du bel Arnaud. Le sang de ce vaillant Umberto ne fit qu’un tour, il asséna un grand coup de plateau sur la nuque de sa belle brunette Tatiana. Sous le choc, les dents de Tatiana ont suivi le même chemin que les tic tac de Suzanne, toutes par terre, sauf une, qui se greffa, tel un percing sur le “pavillon” gauche ( ben oui, celui du coeur…) d’Arnaud.
Kalashnikole
D ’un geste rapide, elle dégaina son IPhone 3GS, et en deux clics, discrètement, photographia à la fois le baiser auriculaire torride, et la riposte au plateau du barman, qu’elle se garderait au frais, pour le cas où… Un autre clic, et la première photo fut postée sur twitter, et sur son wall Facebook, et pour être certaine de ne pas louper l’affaire, en mail à Céline. Arnaud ne peut être à moi ? Il ne sera en tout cas pas à elle. “je suis ta meilleure amie”, disait le mail, “tu comprendras que je ne pouvais garder sous silence que ton mec te trompe, le jour même où il te demande en mariage”. Ah ! Qu’elle était retorse, pensa t’elle. Et complètement salope, aussi.
Dom des Ménagères
Juste à côté de la table ou Arnaud se massait désormais l’oreille gauche, cherchant à en extraire la dent, l’homme brun réprima un petit sourire. Bel homme, un peu trop bien habillé quoique décontracté, il ne laissait pas les femmes indifférentes et croisa le regard de Suzanne qui venait de commettre son forfait et qui rougit légèrement. Elle lui plaisait décidément bien cette petite… Dommage… ou bien ? Car Dimitri n’était pas n’importe qui : membre de la mafia russe, il avait pour habitude de régler les problèmes des autres à coup de révolver ou d’accidents fâcheux, avec une nette préférence pour le décrochage de l’ascenseur, ce qui l’ennuyait bien dans la résidence pavillonnaire où il sévissait actuellement en situation de pré-opération commandée. On le payait fort bien pour son job et il vivait plus qu’à l’aise. En tous cas, la mère d’Arnaud qui voulait garder son fils pour elle toute seule, et uniquement toute seule, payait très très très bien… Et c’était une femme qui avait le bon goût d’avoir un compte en banque aux Iles Caïman ! Comme lui…
Gentille sorcière
Et personne ne pouvait soupçonner combien Mme Mère, la mère d’Arnaud avait un esprit machiavélique. Dimitri n’était pas seulement payé pour faire un éventuel “ménage” ! Elle le payait aussi pour espionner Arnaud, travail facile pour Dimitri, puisque qu’Arnaud ne savait pas résister à la tentation, mais elle passait également son temps à lui envoyer des “tentations” à son fiston ! Il y avait les “vraies”, Céline, Suzanne. Puis les fausses comme Tatiana, des petites minettes payées par Mme Mère pour allumer Arnaud, ce qui n’était pas bien difficile. Dimitri prenait des photos, montait des dossiers. Mais ça ne s’arrêtait pas là : Mme Mère comptait bien sur autre chose, son rêve était que toutes ces femmes qui voulaient lui voler son fils, finissent par s’entretuer entre elles, bon débarras ! Et elle en sortirait blanche comme neige, gardant son fiston sous sa coupe. Et qui plus est, elle ferait l’économie du tueur à gages, le fameux Dimitri, radine quand même, la vioque ! Dimitri était chargé de surveiller tout ça, et d’intervenir au cas où les demoiselles ne faisaient pas bien le ménage entre elles. Et il connait la vie Dimitri, il sait bien que Mme Mère rêve un peu trop, qu’il faudra bien qu’elle en passe par lui et ses ascenseurs, et qu’elle s’occupe de remplir son compte aux iles Caïmans ! Pauvre Mme Mère ! Elle ignorait que ce petit jeu allait se retourner contre elle !
Louisianne
Le visage de M. Jean était fermé, le regard fixe. Il était en colère, froide la colère, calme, la pire. Fidèle à sa réputation, il allait y avoir du grabuge. Le ministre lui avait tapé sur les doigts, et ça, il n’aimait pas. Pas moins de trois chefs de service convoqués, et là-bas, dans un coin, M. Paul, dit l’Ange Gabriel, accidentologue de profession, responsable des opérations spécial. Son boulot ? Prouver que le SAMU arrive toujours trop tard ! Et quand M. Paul est convoqué, certains peuvent préparer leurs testaments. M. Jean se tourna vers la pulpeuse Angélique et la regarda dans les yeux, non sans avoir d’abord détaillé son avantageux décolleté. Déformation professionnelle. « Faites les entrées… » La jolie blonde se leva et d’un joli balancement de hanche alla ouvris la porte. Tatiana, lèvre tuméfiée, nez explosé, avait perdu beaucoup de sa superbe. Elle s’avança, suivie de prêt par Arnaud, un pansement sur l’oreille qui lui valut le surnom de Van Gogh. Dans ce métier tout le monde avait un surnom ! M. jean regarda son monde et commença : « Ce matin, j’allume mon ordinateur, et voici ce que je vois… » Il appuya sur une télécommande, et une image apparut sur le mur. La qualité n’était pas très bonne, certes, mais l’on reconnaissait sans erreur Arnaud et ce qui fut la belle Tatiana, le coup de plateau fatal, et une dent qui volait. Pas très long, mais suffisant pour être embarrassant. « Comme vous pouvez le voir, nous comptons des amis toujours prompts à nous renseigner sur notre personnel. Cette petite vidéo est un envoi spécial de Monsieur le premier Ministre ! Messieurs, Madame, je pense que depuis le Rainbow Warrior, les services secrets français n’ont jamais été aussi ridicules ! M. Arnaud, je vous envoie enquêter sur un russe mafieux, pour voir si par hasard ce ne serait un agent ennemi à la cause de la France, et vous vous prenez pour James Bond en mettant chaque soir une femme différente dans votre lit… » Tatiana regarda Arnaud d’un air surpris, il esquissa un petit sourire en haussant les épaules d’un air gêné. La claque lui arriva droit sur ce qui lui restait d’oreille. « Salaud » murmura-t-elle sèchement . « Calmez-vous, Tatiana, j’en arrive à vous. Alors là j’avoue que c’est très fort. On vous demandait juste de découvrir qui était cette nouvelle madame Claude qui commençait à sévir dans la haute société, et là, le nom que vous me donnez ne cesse de m’interpeller. Et je viens de comprendre. Il s’agit de votre mère, Arnaud ! Pire, il semblerait que cette dernière vous fournisse du bétail à votre insu, puisque que je vous retrouve dans les bras, ou plutôt dans la tête de la charmante Tatiana, elle-même petite amie de notre mafieux que vous êtes censé surveiller. D’où le coup de plateau salvateur ! Pour finir, ce cher Dimitri, puisque tel est son nom est en rapport régulier avec votre mère » Décrire la tête d’Arnaud est quelque chose d’impossible, malgré sa richesse, la langue française ne possède pas l’adjectif adéquat ! Une espèce de statue de sel, figé la bouche ouverte… « Ah oui ! je comprends, cela fait un choc… M. Paul ! Dimitri, nous à faits cadeau de cette petite vidéo, va donc le remercier » ce faisant, M. Jean passa son doigt sous son menton. M. Paul acquiesça… « Quant à nous, nous allons nous intéresser au cas de Madame Arnaud mère, d’une certaine Suzanne qui a pris la vidéo et d’une Céline dont je voudrais bien savoir qu’elle est son rôle… »
Gilsoub
Tout le monde était en train de ressortir lorsque le téléphone posé sur le bureau du Premier ministre sonna. « Oui, … bien sûr Monsieur le Président, …, je m’en occupe immédiatement, mes respects Monsieur le Président. » dit-il avant de raccrocher. « Attendez ! Il y a du changement. » cria-t-il à ceux qui étaient en train de passer devant l’huissier qui tenait la porte ouverte. Chacun repris plus ou moins la place qu’il avait avant d’être renvoyé et curieux de connaître la raison de ce revirement observait avec attention le ministre qui fouillait dans ses tiroirs. « Mais où ai-je bien pu mettre cette foutue note ? » répétait-il sans cesse. « Ah ! La voilà, alors… » et il commença à lire celle-ci après avoir chaussé ses lunettes qui lui donnait un regard de taupe.
Franck
"Certains journalistes d'investigations commencent à soupçonner l'existence d'une jeune femme dans la vie du président." Je ne peux vous dire quels sont les liens entre eux, si ce n'est qu'elle n'est pas sa maîtresse, ni sa fille cachée, mais nous devons absolument empêcher ça de sortir dans les médias. Elle s'appelle... Suzanne, et il va falloir lui procurer une protection rapprochée, constante et discrète ; elle-même ne doit rien soupçonner ! Arnaud ?En retard, sa meilleure amie est en retard. Comme toujours. Sa meilleure amie ? Suzanne commence à se poser la question. Pendant des années, Céline, la belle Céline l’a fascinée. Elle était son modèle, quasiment son icône. Suzanne essayait maladroitement de l’imiter en tout et en moins bien. Forcément. Céline était inimitable, elle le savait, et elle en profitait.
Manu
A l’image des deux fourmis qui s’affrontent sous ses yeux pour un tic-tac, Suzanne est consciente que l’une d’elles doit l’emporter. Et il se pourrait bien que, cette fois, ce soit elle la gagnante. Écrasant de l’index la fourmi la plus grande, elle se détend en imaginant le visage de Céline lorsqu’elle lui apprendra qu’Arnaud la quitte. Pour elle.
Virginie
Oui. Toutes ses pensées sont encore tournées vers la nuit dernière, moment magique où il la couvrait de ses baisers tendres, parcourant tout son corps, parcelle par parcelle, de sa langue langoureuse lui glissant dans le cou, de sa bouche charnue, lui mordillant les lèvres. Jamais auparavant, elle n’avait ressenti une telle sensation avec un homme, elle ne contrôlait plus son corps avec lui, elle lui appartenait. En repensant à ces moments sensuels et charnels, elle ressent un large frisson en ricochet sur l’intégralité de la surface de sa peau. Chaque minute passée à ses côté lui paraissent tellement courtes, mais l’heure n’était pas à celles des souvenirs, ni des bons moments, elle allait rentrer dans une ère de chamboulements. Son dernier tic tac rescapé fut brusquement explosé par sa mâchoire.
Gazelle
Le goût sucré de son dernier tic tac lui rappela sa folle nuit d’amour. Un frisson de plaisir parcourut son échine. Une douce torpeur l’envahit. Ses pensées furent brusquement interrompues par l’incessante vibration qu’elle sentait à l’intérieur de son jean. Son portable. Un nouveau message venait d’arriver. En voyant le nom qui apparut, son coeur se mit à battre la chamade. Jonathan, l’homme avec lequel elle vivait. A lui aussi elle devrait briser le coeur ce soir. Puis, en pensant à comment annoncer la nouvelle à celui qui venait, le matin même, de lui livrer la plus belle gerbe de roses thé, un autre message arriva. Arnaud. Elle appuya sur la touche Lire, puis ces mots apparurent : annule tout, je te quitte.
Angie
D eux ruptures dans une seule journée. Quitter et être quittée. Elle ressentait de la culpabilité à l’égard de Jonathan et du chagrin à cause d’Arnaud. Mais elle éprouvait également un vrai sentiment de libération. Elle pourrait désormais arrêter de jongler avec les emplois du temps et les mensonges. Elle pourrait exister autrement que dans le désir des autres. La liberté se paye souvent du prix de la solitude : elle le savait et était prête à payer. Cash. Elle envisageait avec volupté des journées d’insouciance et d’égoïsme, des nuits passées à apprécier le silence et à s’étendre en travers du lit. Se recentrer sur soi et ne plus se partager. Pour être, plus tard, de nouveau disponible. Pour qui ? Pour quoi ? Il était délicieux de laisser ces questions en suspens…
Madame Kévin
Soudain, elle aperçut la silhouette de Céline, dont le retard dépassait maintenant les vingt minutes. Je l’avais presque oubliée, pensa Suzanne. Qu’est-ce-que je lui dis maintenant? Que j’ai passé la nuit la plus merveilleuse avec son mec, mais que c’était purement sexuel donc no problem? Ou bien que son mec est vraiment pas un bon coup et que je le lui laisse, plus vache ça! Ou bien la gentille Suzanne va encore fermer sa gueule devant sa supposée meilleure amie, bougonna Suzanne, intérieurement, car Céline était déjà là devant elle : « Salut ma belle! » dit joyeusement Céline…
Sylvie
-”lut”, répondit Suzanne qui ne cachait pas son mécontentement. Pourtant, Céline n’y prit même pas attention, elle avait l’air ailleurs. Elle arborait un sourire béat et ses yeux pétillaient de mille feux. Elle vint à la rencontre de Suzanne et ne s’excusa pas de son retard. Il est vrai qu’avec elle, c’était une habitude de ne pas arriver en temps et en heure, séduisante comme elle l’est, personne ne lui en tenait rigueur, il lui suffisait d’un regard pour effacer toute rancune. -”Ben t’en fais une tête”, lança Céline. Silence… -”Allez, viens, allons nous promener”, dit-elle, tout en faisant demi-tour sur ses talons. Par mégarde, en se retournant, Céline fit tomber une lettre de sa poche. Suzanne qui lui emboîtait le pas s’abaissa pour la ramasser, et, en un coup d’oeil, elle vit l’adresse de l’expéditeur : Jonathan. SON Jonathan.
Good Girl
Son sang ne fit qu’un tour. Elle tira le papier hors de l’enveloppe et lu son contenu. Une simple phrase, quelques mots griffonnés à la hâte: “Il faut que Suzanne sache la vérité avant qu’il ne soit trop tard”. Tout se mit à tourner autour de Suzanne, ses oreilles se mirent à bourdonner, des points noirs dansaient devant ses yeux et mille scénarios défilaient dans sa tête. Elle couru alors derrière Céline, l’attrapa pas le bras et l’obligea violemment à se retourner. Elle brandit la lettre sous ses yeux et lui hurla : -” Tu peux m’expliquer? TU PEUX M’EXPLIQUER?” Le sourire de Céline s’effaça immédiatement, elle pâlit et se mit à balbutier. -”C’est… c’est pas facile à… à te dire… Ne m’en veux pas… Je n’ai pas eu le choix… Je devais le faire… Je devais…” Et elle se mit à sangloter comme un enfant. Suzanne n’avait jamais vu Céline dans cet état. Perdue, elle hésita sur la conduite à adopter. Consoler son amie ou la pousser à livrer ce secret qui semblait si terrible.<
Vanessa
Elle se sentait tiraillée entre la détresse de son amie, et ses interrogations devant ces mots “Il faut que Suzanne sache la vérité avant qu’il ne soit trop tard”. Elle ne voyait pas ce qu’ils pouvaient signifier, elle ne comprenait pas. Céline était-elle déjà au courant de leur petite aventure, à Arnaud et elle? Etait-ce un jeu entre eux? Ou alors l’état de Céline n’avait rien à voir avec la nuit qu’elle, Suzanne, avait passée à la trahir, et y avait-il alors un problème bien plus grave? Suzanne prit le parti de consoler son amie, en se disant qu’elle ne parviendrait à en apprendre plus sur cette lettre que d’une Céline calmée. “Ce n’est sûrement pas si grave, tu sais… Tu peux m’expliquer, je ne te jugerai pas”, lui dit-elle. Elle n’était pas sûre de ses paroles. Elle ne savait pas où elle mettait les pieds. En même temps, elle avait elle-même été une amie plutôt imparfaite, dans la situation, donc elle n’était pas dans la meilleure position pour porter un jugement. Cependant, les larmes de Céline ne se calmaient pas, elle était secouée de sanglots, ne parvenait plus à parler. Suzanne était de plus en plus intriguée. Elle, qui, quelques instants plus tôt se réjouissait de sa liberté retrouvée, se sentait comme prise au piège, et elle ne savait même pas expliquer pourquoi. Comme elle ne pouvait rien tirer de Céline, elle s’éloigna un instant. Elle avait besoin d’une explication. Elle sortit son téléphone, et appela Jonathan. Il décrocha quasi instantanément.
SpaCitron
« ah… j’allais t’appeler … » lui dit-il d’une voix sombre « on peut se voir ce soir? J’ai un truc à te dire… ». « Dis-le moi maintenant, j’ai prévu de voir Agathe ce soir, j’ai eu un mail d’elle tout à l’heure» répondit sèchement Suzanne. « A vrai dire … Agathe et moi voulions te voir … » « ça veut dire quoi Agathe et moi ? » demandait Suzanne, avec moins d’assurance. « Nous voulions te voir pour t’annoncer que nous allons nous marier … nous n’avons pas voulu le faire par téléphone, mais là je pense que je n’avais pas le choix … je voulais aussi te …» Suzanne avait déjà raccroché, mais son téléphone était resté collé à son oreille, puis glissé dans son sac, en même temps qu’une larme. Elle était incapable de réfléchir, elle sentait un vide autour d’elle. La main de Céline posée sur son épaule vint la tirer de ce vide, du coup, elle se sentait moins seule, presque rassurée à l’idée que Céline aurait encore plus mal qu’elle à l’annonce de cette nouvelle qu’elle ne voulait pas garder pour elle. « Jonathan vient de m’annoncer qu’il va se marier avec Agathe ». « Oui je sais » répondit Céline en caressant les cheveux de Suzanne, comme pour la consoler. Comme électrocutée par la main de Céline, Suzanne fit un bon en arrière. Elle ne comprenait plus rien, elle avait l’impression que tout basculait. « Oui je sais … je sais » lui assénait encore une fois Céline, « Mais alors la lettre, la lettre de Jonathan, qu’est ce que ça veut dire ? », « Nous avons juste eu une aventure, et on ne voulait pas garder ça par respect pour notre amitié, maintenant qu’il se marie avec Agathe et qu’Arnaud m’a demandé en mariage ce matin même ».
M1
- Mais quelle bande de pignoufs ! S’exclame Suzanne et sur ce, elle plante là cette chignarde de Céline. Son instinct de survie l’emporte enfin sur toute émotion. Exit Arnaud le chaudard, exit Céline le faux jeton, exit Jonathan le goéland, exit Agathe la petite joueuse. La brise lui chatouille les jambes. Du haut de son échafaudage un ouvrier la siffle gentiment. Suzanne accepte le compliment d’un sourire. Décidément, c’est une belle journée qui commence…
M.
« Son téléphone, vibre. Revibre. Et une troisième fois. Mais Suzanne ne regarde pas le nom qui s’affiche sur l’écran de son portable dernier cri. Elle préfère sourire, simplement mais durement. Dans sa tête, seul le mot vengeance résonne, vient taper contre sa boîte crânienne, à chaque seconde plus fortement, au fur et à mesure que son plan machiavélique se met en place. Oui, c’est une belle journée. Car Suzanne sait, que quelque part, elle en sortira « gagnante» . Son amour pour Jonathan, Arnaud ou encore Céline (et même celui pour les tic-tac) s’est transformé en haine. Et maintenant, elle sait. Elle sait. Elle va le faire. Arrivée au coin de la rue des roses, elle aperçoit, a LEUR table, au café « le petit noir» , Arnaud. Il est là. fidèle au poste. Et c’est par lui que son plan va commencer à se mettre en place. « Salut Arnaud!»
Noisette
Et alors qu’Arnaud, l’objet de tous les désirs, le mâle tant convoité, le Tic-Tac ultime, se retournait à l’appel de son prénom, celui que Suzanne aimait tant entre, murmurer, crier sur ou sous l’oreiller, elle réalise non seulement qu’elle aurait dû refuser le plat du jour ce midi à la cantine, la petite tomate farcie à l’ail de Garonne, mais encore qu’une jeune et jolie brunette sort du “Petit noir”, et enlace le cou d’Arnaud, avant de déposer un baiser suggestif au creux de son oreille. Elle sait qu’Arnaud ne répond plus de rien quand il a une langue fourrée jusqu’aux portes de son tympan.
zette
La scène qui s’offrait à Suzanne fut d’une jouissance extrême, puisque la première vengeance lui fut servie sur un plateau… En effet, le barman qui venait de servir la table d’à côté, se retourne, et… Voit sa dulcinée, qu’il croyait être sienne pour la vie, en train de ramoner l’intégralité du système otorhino-laryngologique du bel Arnaud. Le sang de ce vaillant Umberto ne fit qu’un tour, il asséna un grand coup de plateau sur la nuque de sa belle brunette Tatiana. Sous le choc, les dents de Tatiana ont suivi le même chemin que les tic tac de Suzanne, toutes par terre, sauf une, qui se greffa, tel un percing sur le “pavillon” gauche ( ben oui, celui du coeur…) d’Arnaud.
Kalashnikole
D’un geste rapide, elle dégaina son IPhone 3GS, et en deux clics, discrètement, photographia à la fois le baiser auriculaire torride, et la riposte au plateau du barman, qu’elle se garderait au frais, pour le cas où… Un autre clic, et la première photo fut postée sur twitter, et sur son wall Facebook, et pour être certaine de ne pas louper l’affaire, en mail à Céline. Arnaud ne peut être à moi ? Il ne sera en tout cas pas à elle. “je suis ta meilleure amie”, disait le mail, “tu comprendras que je ne pouvais garder sous silence que ton mec te trompe, le jour même où il te demande en mariage”. Ah ! Qu’elle était retorse, pensa t’elle. Et complètement salope, aussi.
Dom des Ménagères
Juste à côté de la table ou Arnaud se massait désormais l’oreille gauche, cherchant à en extraire la dent, l’homme brun réprima un petit sourire. Bel homme, un peu trop bien habillé quoique décontracté, il ne laissait pas les femmes indifférentes et croisa le regard de Suzanne qui venait de commettre son forfait et qui rougit légèrement. Elle lui plaisait décidément bien cette petite… Dommage… ou bien ? Car Dimitri n’était pas n’importe qui : membre de la mafia russe, il avait pour habitude de régler les problèmes des autres à coup de révolver ou d’accidents fâcheux, avec une nette préférence pour le décrochage de l’ascenseur, ce qui l’ennuyait bien dans la résidence pavillonnaire où il sévissait actuellement en situation de pré-opération commandée. On le payait fort bien pour son job et il vivait plus qu’à l’aise. En tous cas, la mère d’Arnaud qui voulait garder son fils pour elle toute seule, et uniquement toute seule, payait très très très bien… Et c’était une femme qui avait le bon goût d’avoir un compte en banque aux Iles Caïman ! Comme lui…
Gentille sorcière
Et personne ne pouvait soupçonner combien Mme Mère, la mère d’Arnaud avait un esprit machiavélique. Dimitri n’était pas seulement payé pour faire un éventuel “ménage” ! Elle le payait aussi pour espionner Arnaud, travail facile pour Dimitri, puisque qu’Arnaud ne savait pas résister à la tentation, mais elle passait également son temps à lui envoyer des “tentations” à son fiston ! Il y avait les “vraies”, Céline, Suzanne. Puis les fausses comme Tatiana, des petites minettes payées par Mme Mère pour allumer Arnaud, ce qui n’était pas bien difficile. Dimitri prenait des photos, montait des dossiers. Mais ça ne s’arrêtait pas là : Mme Mère comptait bien sur autre chose, son rêve était que toutes ces femmes qui voulaient lui voler son fils, finissent par s’entretuer entre elles, bon débarras ! Et elle en sortirait blanche comme neige, gardant son fiston sous sa coupe. Et qui plus est, elle ferait l’économie du tueur à gages, le fameux Dimitri, radine quand même, la vioque ! Dimitri était chargé de surveiller tout ça, et d’intervenir au cas où les demoiselles ne faisaient pas bien le ménage entre elles. Et il connait la vie Dimitri, il sait bien que Mme Mère rêve un peu trop, qu’il faudra bien qu’elle en passe par lui et ses ascenseurs, et qu’elle s’occupe de remplir son compte aux iles Caïmans ! Pauvre Mme Mère ! Elle ignorait que ce petit jeu allait se retourner contre elle !
Louisianne
Le visage de M. Jean était fermé, le regard fixe. Il était en colère, froide la colère, calme, la pire. Fidèle à sa réputation, il allait y avoir du grabuge. Le ministre lui avait tapé sur les doigts, et ça, il n’aimait pas. Pas moins de trois chefs de service convoqués, et là-bas, dans un coin, M. Paul, dit l’Ange Gabriel, accidentologue de profession, responsable des opérations spécial. Son boulot ? Prouver que le SAMU arrive toujours trop tard ! Et quand M. Paul est convoqué, certains peuvent préparer leurs testaments. M. Jean se tourna vers la pulpeuse Angélique et la regarda dans les yeux, non sans avoir d’abord détaillé son avantageux décolleté. Déformation professionnelle. « Faites les entrées… » La jolie blonde se leva et d’un joli balancement de hanche alla ouvris la porte. Tatiana, lèvre tuméfiée, nez explosé, avait perdu beaucoup de sa superbe. Elle s’avança, suivie de prêt par Arnaud, un pansement sur l’oreille qui lui valut le surnom de Van Gogh. Dans ce métier tout le monde avait un surnom ! M. jean regarda son monde et commença : « Ce matin, j’allume mon ordinateur, et voici ce que je vois… » Il appuya sur une télécommande, et une image apparut sur le mur. La qualité n’était pas très bonne, certes, mais l’on reconnaissait sans erreur Arnaud et ce qui fut la belle Tatiana, le coup de plateau fatal, et une dent qui volait. Pas très long, mais suffisant pour être embarrassant. « Comme vous pouvez le voir, nous comptons des amis toujours prompts à nous renseigner sur notre personnel. Cette petite vidéo est un envoi spécial de Monsieur le premier Ministre ! Messieurs, Madame, je pense que depuis le Rainbow Warrior, les services secrets français n’ont jamais été aussi ridicules ! M. Arnaud, je vous envoie enquêter sur un russe mafieux, pour voir si par hasard ce ne serait un agent ennemi à la cause de la France, et vous vous prenez pour James Bond en mettant chaque soir une femme différente dans votre lit… » Tatiana regarda Arnaud d’un air surpris, il esquissa un petit sourire en haussant les épaules d’un air gêné. La claque lui arriva droit sur ce qui lui restait d’oreille. « Salaud » murmura-t-elle sèchement . « Calmez-vous, Tatiana, j’en arrive à vous. Alors là j’avoue que c’est très fort. On vous demandait juste de découvrir qui était cette nouvelle madame Claude qui commençait à sévir dans la haute société, et là, le nom que vous me donnez ne cesse de m’interpeller. Et je viens de comprendre. Il s’agit de votre mère, Arnaud ! Pire, il semblerait que cette dernière vous fournisse du bétail à votre insu, puisque que je vous retrouve dans les bras, ou plutôt dans la tête de la charmante Tatiana, elle-même petite amie de notre mafieux que vous êtes censé surveiller. D’où le coup de plateau salvateur ! Pour finir, ce cher Dimitri, puisque tel est son nom est en rapport régulier avec votre mère » Décrire la tête d’Arnaud est quelque chose d’impossible, malgré sa richesse, la langue française ne possède pas l’adjectif adéquat ! Une espèce de statue de sel, figé la bouche ouverte… « Ah oui ! je comprends, cela fait un choc… M. Paul ! Dimitri, nous à faits cadeau de cette petite vidéo, va donc le remercier » ce faisant, M. Jean passa son doigt sous son menton. M. Paul acquiesça… « Quant à nous, nous allons nous intéresser au cas de Madame Arnaud mère, d’une certaine Suzanne qui a pris la vidéo et d’une Céline dont je voudrais bien savoir qu’elle est son rôle… »
Gilsoub
Tout le monde était en train de ressortir lorsque le téléphone posé sur le bureau du Premier ministre sonna. « Oui, … bien sûr Monsieur le Président, …, je m’en occupe immédiatement, mes respects Monsieur le Président. » dit-il avant de raccrocher. « Attendez ! Il y a du changement. » cria-t-il à ceux qui étaient en train de passer devant l’huissier qui tenait la porte ouverte. Chacun repris plus ou moins la place qu’il avait avant d’être renvoyé et curieux de connaître la raison de ce revirement observait avec attention le ministre qui fouillait dans ses tiroirs. « Mais où ai-je bien pu mettre cette foutue note ? » répétait-il sans cesse. « Ah ! La voilà, alors… » et il commença à lire celle-ci après avoir chaussé ses lunettes qui lui donnait un regard de taupe.
Franck
"Certains journalistes d'investigations commencent à soupçonner l'existence d'une jeune femme dans la vie du président." Je ne peux vous dire quels sont les liens entre eux, si ce n'est qu'elle n'est pas sa maîtresse, ni sa fille cachée, mais nous devons absolument empêcher ça de sortir dans les médias. Elle s'appelle... Suzanne, et il va falloir lui procurer une protection rapprochée, constante et discrète ; elle-même ne doit rien soupçonner ! Arnaud ?
Jathénaïs
"T ic-Tac,Tic-Tac...
Suzanne déteste choisir.C'est son côté masculin!
Orange ou menthe, Le fil vert ou le fil rouge? Céline ou Arnaud? L'amie ou l'amour, être Daphné ou Messaline ? Trop sage ou trop salope?
Tic-Tac, Tic-Tac fait le temps qui passe.
Le temps!
Cette bombe à retardement, faute de lui couper le fil rouge ou le fil vert risquait de lui sauter au visage.
Suzanne se pose un instant: elle choisit un Tic orange. La pointe de sa langue remonte la veine et capte un peu de piment d'Espelette qu'elle a au préalable fendu en deux. La douceur et la force basque l'envahissent.
Céline? Amie ou ennemie? Ce vampire psycho affectif se nourrissait de son admiration béate et rétrospectivement Suzanne se sentait le simple faire valoir de cette "amie".
Arnaud: La belle revanche. Pas mécontente de lui piquer son Toy Boy.
Un frisson la secoue tandis qu'elle roule la friandise rose entre la langue et les dents. Croquera? Croquera pas?
Les papilles éveillées par la saveur poivrée accordent un sursis à l'ami Tic.
Son amitié tac-au-tac pour Céline, vu d'ici, ressemblait fort à une dépendance et la liaison avec Arnaud, à une émancipation.
Puis le temps s'était accéléré: Pas de décisions à prendre, pas de fil à couper.
Jonathan-le-goëland qui la quitte, Arnaud-le-queutard qui la trahit, Céline-fadasse qui l'a trahie, les évènements qui décident à sa place et elle qui observe.
Attentiste.
Masculine.
Voilà madame mére qui s'invite, Agathe, Tatania, Dimitri, Mr Jean à l'intérieur, le Premier Sinistre et maintenant le président Berlusconard avec son cortège d'histoire de Q prêt à faire sauter la république.
Il va falloir couper un fil avant de se retrouver treize à table pour "La Cène" finale.
Changer la Tac-Tic que. Arnaud et Jonathan semblent si loin, si petits.
Favorite présidentielle potentielle.
Suzanne, habituée aux seconds rôles, jouie intérieurement de cette promotion qui la place au premier plan. Sa main glisse entre ses cuisses.
Grisée par le danger et son pouvoir tout neuf, la friponne frissonne et bascule.
Tic et Tac donnent la cadence.
Tic-Tac, Tic-tac.....
Alex Cessif
Au ministère, Arnaud voulait se faire petit, tout petit... Il n'avait pas entendu M. Jean l'appeler.
- Arnaud ?! reprit-il. Je vous préviens, c'est votre dernière chance !
- Oui, quoi donc ? bafouilla ce dernier.
- Vous devez vous rapprocher de Suzanne. Voyez ce que je veux dire, ça entre dans vos compétences...
- Excusez-moi, mais je préférerais rester en dehors de cette affaire... Si ça ne vous dérange pas...
Sous l'effet de la colère, la veine temporale de M. Jean grossit, à la limite d'exploser...
- Si ça ne me dérange pas ?! Vous savez Arnaud, je ne sais pas si vous suivez les actualités, mais les accidents de parapente sont fréquents en cette saison...
- Mais, euh, je ne fais pas de parapente ?!
M. Jean sourit. Il s'adressa à M. Paul.
- N'est-ce pas que ça s'apprend vite le parapente, M. Paul ?
- Très, très vite...
M. Jean se tourna vers Arnaud. Celui-ci avait changé de couleur. Du tic tac orange, il était passé au blanc.
- J'accepte monsieur, j'y vais de ce pas...
- Oui, allez-y Arnaud, pensez à votre mère. Je vous préviens d'ailleurs, ne faites pas l'idiot, vous serez constamment sous surveillance. Dimitri va vous donner un équipement nous permettant de vous suivre dans tous vos faits et gestes ainsi qu'un microphone. Ne dites donc rien à votre chère maman.
Une demi-heure plus tard, Arnaud, s'éloignait du ministère en état de choc, les jambes flageolantes et la peur au ventre...
MG

De longs couloirs où les pas résonnent : il sait où trouver Suzanne à cette heure.
Revenir vers elle après tous les quiproquos, les qui couche avec qui, ne lui fait plus peur car l’autorité a parlé. Il s’est toujours plié sous le regard perçant, le verbe net et le geste tranchant.
Il passe les contrôles de sécurité, entre dans le sas et en ressort dûment badgé et fouillé, puis il se dirige d’un pas sûr vers les bureaux de la Présidence. "A cette heure, elle doit y être", se dit-il. Elle doit nécessairement y être.
Pénétrant dans le bureau de Suzanne, il jette un rapide coup d’œil : dossiers impeccablement empilés, aucune touche personnelle, il semble qu’elle prenne son rôle d’éminence grise très à cœur. Trop à cœur peut-être vus les dires de certains. Ces allusions des Services tombaient d’ailleurs au moment adéquat : hésitant encore à revoir Suzanne sous le coup de sa propre trahison, cette rumeur l’absolvait de tout remords. Peut-être pouvait-il à nouveau reprendre le contrôle des événements ?
Suzanne absente, Arnaud déambule dans le bureau, soulève un formulaire du bout des doigts, ouvre et referme un tiroir. S’approchant de la porte située près de la fenêtre donnant sur le parc arboré où Suzanne aime déambuler pour son déjeuner, il distingue un bruit sourd, régulier auquel il n’avait pas prêté attention à son entrée dans la pièce.
Une sorte de. Quelque chose qui lui rappelle. Des bruits étouffés, réguliers, lourds. Deux corps qui ?
Un sourire sardonique. Quoi de mieux pour tout effacer, pour tout recommencer, pour tenter enfin une fois dans sa vie de reprendre le pouvoir ? Arnaud voit déjà la scène, Suzanne et le Président accouplés, lui vainqueur tenant la péronnelle à sa merci, son propre chef M. Jean sous sa coupe grâce à cette révélation, et même le Président. Vainqueur sur tous les fronts.
Il ouvre la porte et se trouve face à la scène à laquelle il s’attendait : aucune surprise ne se lit sur son visage triomphant alors que son regard glisse du sofa richement décoré au visage déconfit du Président, glisse sur le corps de… l’autorité. Un silence glacial fait place à la fanfare exultante. Son regard se trouble. Sa mère.
Chouyo

Sa mère ! Son premier objet d’amour, là devant lui, se laissant aller sans aucune pudeur. Elle ! Sa mère !

Jamais, malgré le débordement imaginaire auquel il se laissait aller fréquemment, jamais, non jamais, il n’aurait cru que cela pouvait arriver !

Pourtant il fallait se rendre à l’évidence, vue de ses yeux vue, il ne pourrait plus jamais la regarder avec les mêmes yeux, même avec des nouvelles lunettes, même avec des lentilles. Son amour filial en prenait brutalement un coup ! Oubliée Suzanne ; oubliée Céline. Rien ne comptait plus à ses oreilles que ce qui était là, devant son nez.
Sur ce sofa richement décoré, luxueux à souhait, où jamais il n'aurait osé posé son auguste arrière-train, oui sur ce sofa tout n'était que désordre, gourmandise, sensualité, le laisser aller de ces personnages respectables lui semblait inexplicable ! Comment peut-on se vautrer dans un amoncellement de petites choses vertes et oranges ou l'inverse, il ne savait pas, il ne voulait pas savoir !

Il n’était pas préparé à ce spectacle ; pétrifié ; dans sa stupeur ; il relâcha la porte avec vigueur qui se referma dans un bruit de tonnerre.

Elle entendit ce claquement sec, et avec son naturel habituel se retourna souriante en escamotant habilement ce qu’elle était en train de sucer.

Le président quant à lui, habitué à ce genre de situation ne perdit pas son sang froid et continua, comme si de rien n’était à lui dicter, avec un chuintement inhabituel dans sa manière de s’exprimer, un courrier destiné au ministère de la santé et de la réhabilitation des tic-tac !

Décidemment, il fallait absolument convaincre ces députés réputés pour leur pingrerie et leur froideur de baisser la taxe sur les tic-tac. Car lui aussi suçait. Elle le vert, lui le rouge !
Leur secret défense était découvert.
Il fallait absolument neutraliser Arnaud, c’est donc avec un sourire sournois qu’ils lui proposèrent de ce joindre à eux…..
CKanKonVaou
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le 13 Août 2009


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Et que le vaste monde poursuive sa course folle !
Cormac Mc Carthy - La route