Il suivait son idée, c'était une idée fixe et il s'étonnait de ne pas avancer.
Jacques Prévert

Allo, ben allo quoi ! T'es une fille ?
T'as pas de shampoing ?
Nabilla

"Les filles bien vont au paradis
Les mauvaises filles vont où elles veulent"
Anne Haunime






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mercredi 10 juin 2009

0 Baladar par Jacques prévert..VII... déjà fini !!!!

A chaque coup de tête, les yeux du garde-chiourme se transforment en ampoules électriques s'allumant et s'éteignant alternativement.
Le phare, au loin, croyant apercevoir un confrère, salue en enlevant son chapeau dont le bord est formé par le garde-fou auquel se cramponne désespérément le gardien du phare en poussant de petits cris plaintifs comme les gens dans les balançoires.
Une raie d'une grande élégance s'incline devant la sirène et sort sa montre de sa poche.
La montre fait "psst" et la chaîne qui retenait prisonniers les captifs rejoint la montre avec empressement, puis le gilet de la raie.
Délivrée, la sirène pousse un cri de révolte, BALADAR appelle au secours....
....et l'émeute commence.
Le poisson marteau, protégé par les seiches jetant des nuages d'encre, enfonce la porte de la sardinerie.
La pieuvre attrape les gardes-chiourme au lasso.
Deux ou trois sardines infirmières soignent les blessés, ceux qui ont été malencontreusement atteints par l'encre des seiches sont ranimés à coups de tampon buvard et reprennent leurs couleurs primitives.
A l'intérieur de la sardinerie, les homards se servant de leurs pinces comme d'un ouvre-boîte délivrent leur petite famille. La pieuvre arrachant au geôlier les clefs des boîtes de sardines, ouvre celles-ci en un tour de tentacules.
Choeur des sardines, des harengs et des homards délivrés, interrompu par une cavalcade. Ils se précipitent aux fenêtres.
Dehors, la force publique s'enfuit, guidée par BALADAR père épouvanté et cramponné à la crinière d'un gendarme bovin.

Le poisson volant
réquisitionne une anguille et se jette à sa poursuite.
Il les survole, il les dépasse et voletant autour du phare il prend l'anguille et en joue comme d'une flûte.
Le phare, qui n'était autre que le serpent de mer (on aurait dû s'en douter) dodeline de la tête charmé et sortant de l'au avec un bruit épouvantable, suit le poisson volant et, rejoigant les fugitifs, avale avec une grande satisfaction BALADAR père et la maréchaussée, crache les éperons et rentre dans la mer avec un grand floc.




F I N
Baladar in "La cinquième saison"
par Jacques Prévert
Edition Gallimard "Le point du jour"

mardi 9 juin 2009

0 Baladar par Jacques Prévert - VI et fin ? ben non....

Chaque fois que l'oeuf touché se brise, un autre poisson volant en sort qui pond un autre oeuf d'où sort un poisson volant qui pond un oeuf, d'où ... etc.
Véritable petit feu d'artifice, et ballet des baleines venues assister à la fête.
Au comble de la joie BALADAR brise son fusil - crac-, enlace tendrement


la sirène, attrape le poisson volant et le plume comme on effeuille une marguerite.
Le malheureux animal dévoué et résigné répète d'une voix monotone et singulière :
"Un peu, beaucoup, passionnément."
Ils arrivent ainsi au village natal où la baleine le dépose sur le rivage
Enthousiasme des binious et des poissons.
Le soir à leur balcon
La sirène chante et tout le village vient l'écouter.
Un spectateur sourd monte sur un chat, lui pince la queue, le chat fait le gros dos et le spectateur dur d'oreille est à la hauteur du balcon.
Légèrement déplumé, le poisson volant joue aux cartes avec la pieuvre, il perd : elle a trop d'atouts en mains.
La nuit tombe et tel un bateau pirate, le navire arrive à son tour et le père BALADAR débarque avec deux personnages patibulaires, coiffés de képis portant des petits trous pour laisser passer leurs cornes (sortes de gendarmes ruminants). Ils entrent la nuit dans la maison et parlent à voix basse.
Caché dans une lessiveuse, le poisson volant passe la tête et prête l'oreille.
La nuit.
Les trois sinistres individus s'emparent de la sirène et de BALADAR.
Bousculade (au nom de la loi).
Très tôt le matin, la malheureuse sirène attachée dans le grenier de la sardinerie, dont les portes sont grandes ouvertes, est terrorisée par le père BALADAR qui la force à chanter.
Elle chante. Elle hurle.
Tous les poissons se lèvent et charmés prennent leur casquette et courent à la sardinerie.
A peine entrés, la porte se referme derrière eux et les gardes-chiourmes se précipitent et les enferment dans les boîtes de sardines.
D'autres malheureux sont contraints de fabriquer des filets de pêche, des hameçons ou des peignes avec les écailles des pauvres
tortues de mer qui grelottent de froid sans leur carapace.
Assis devant la porte de la sardinerie le père BALADAR fume un gros cigare avec béatitude.
Dans une guérite un garde-chiourme.
Passe un enterrement.
C'est l'enterrement d'une sardine (petit corbillard de fer-blanc). Derrière le corbilland, trainé par deux hippocampes, un biniou joue un air funèbre, vient ensuite la famille en grand deuil.
Ricanement formidable du père BALADAR qui envoie par dérision deux couronnes de fumée qui vont se fixer derrière le corbillard.
Indignation des poissons.
La pieuvre sort de sa niche, rend son tablier au père BALADAR et se retire avec dignité.
L'enterrement continue son cemin et gravit une petite pente, les hippocampes sont fatigués, le mort sort de sa boîte et pousse le corbillard avec complaisance. La famille applaudit.
Chez les poissons la révolte gronde.
Le père BALADAR se barricade et demande du renfort.
Arrivée de la force armée : quadrupèdes cornus.
Toujours captive, la sirène surveillée par un garde-chiourme regarde tristement BALADAR attaché au mur par une grosse chaîne.
Dehors petit sifflement.
Le garde-chiourme passe la tête à travers les barreaux ; le poisson volant lui fait un noeud avec les cornes. Arrivée d'un poisson torpille (gymnote) qui lui donne des coups de tête.

jeudi 4 juin 2009

1 Baladar, suite V....

....les trois chiens de l'écossais hurlant à la mort.
la baleine disparaît.
L'ange survient (il porte un bandeau sur l'oeil), derrière lui, deux anges de service portent un brancard.
Ils placent l'écossais sur le brancard et reprennent leur vol.Un pigeon voyageur qui les voit passer, lâche sa valise et fait le signe de croix.
On n'entend plus la chanson des chiens.
Seul sur la plage, le père BALADAR et son biniou.
Il veut jouer encore.
Mais révolté par le sort odieux qu'on lui fait subir depuis trop longtemps, le biniou renverse les rôles et joue du BALADAR.
C'est-à-dire qu'il prend le père BALADAR et, lui soufflant dans l'oreille, le gonfle mélodieusement. Celui-ci ne tarde pas à s'envoler en musique et le biniou satisfait, court raconter son exploit à sa famille.
Grande joie chez les binious et petit concert.
Binious et poissons fraternisent et chacun chante la sienne.
Puis musique en tête les poissons prennent possession de la ville.
Chacun s'installe :
  • le poisson-scie et l'espadon chez l'ébéniste,
  • la raie chez le coiffeur
  • et le homard au bureau de tabac pour couper les cigares.
La fabrique abandonnée porte cette pancarte : - MUSÉE - et les poissons viennent voir les boîtes vides comme au Louvre les sarcophages.
Très heureuse...
....la pieuvre s'est installée en maître dans la maison.
Avec un tentacule, elle prend de l'eau à la pompe, avec un autre, elle se rase...
  • ...allume ainsi sa pipe au phare,
  • sonne les cloches,
  • distribue le courrier,
  • bat les tapis avec un touchant ensemble.
Très loin, sur l'Océan, BALADAR coiffé d'une casquette de capitaine va et vient sur le pont de son navire et commande l'exercice des ses pingouins-fusilliers marins.
(Bruit d'ensemble des talons et des crosses de fusil.)
Soudain BALADAR lèvre les yeux et pousse un cri :


"Papa."


Le père BALADAR en effet, gonflé à bloc, survole le bateau en faisant des signes désespérés.
Les pingouins lâchent leur fusil et s'enfuient.
(Bruit d'ailes et de fusils partant tout seuls.)
Le père BALADAR prend possession du bateau.
Terrorisé BALADAR plonge dans l'océan, et se cramponne à la queue de la baleine, où se troue déjà un poisson volant occupé à prendre son tub sous le jet d'au sortant des narines de la bête
Ils se saluent.
A cet instant
BALADAR entend un chant très triste et très joli (une sorte de chant hawaïen).
Le poisson volant fait claquer sa langue en connaiseur et saisissant BALADAR il le promène avec complaisance devant la sirène captive.
Pour la séduire BALADAR fait des tours de cartes, et la baleine est prise d'une formidable hilarité.
Les cordes de la lyre se gondolent, la sirène en profite pour sortir, BALADAR la prend dans ses bras et le poisson volant les dépose sur le dos du cétacé.
Idylle.
Elle chante. Le poisson volant pond un oeuf sur le jet d'eau de la baleine, s'envole, disparaît et revient avec un petit fusil.
BALADAR tire à l'oeuf devant la sirène conquise.

A la pêche à la baleine
A la pêche à la baleine
Disait le père d'une voix courroucée
A son fils Prosper sous l'armoire allongée.....

(Mais ceci est une autre histoire...
de Jacques Prévert aussi......)


La suite... bientôt, je sais que tu as hâte...

Jacque Prévert
in la cinquième saison - GALLIMARD

jeudi 28 mai 2009

2 BALADAR - IV

Le jour se lève, cire ses chaussures et se lave les dents.
Seul sur la plage, le père BALADAR joue du biniou avec rage et tristesse.
Mais de très loin il entend un air beaucoup plus fort que le sien.
Il veut jouer plus fort encore, son cou se gonfle, une veine éclate, il pose son biniou et fait un noeud à sa veine.
L'air continue de plus en plus fort .
Au loin, très loin, sur la côte écossaise, un Écossais joue de la cornemuse.

Assis près de lui, ses trois chiens chantent avec un grand sens musical.

Ouah, ouah, ouah, etc...
Il entend le biniou du père BALADAR et furieux se baisse et ramasse une pierre...
Le père BALADAR a la même idée.
Ils lancent chacun leur pierre...
Les deux pierres au-dessus de la mer.
Elles se croisent et se saluent
L'une en français,
l'autre en écossais,
puis continuent leur chemin.
L'une d'elles en passant crève un nuage sur lequel, paresseusement étendu un ange joue de la lyre.
Le nuage descend en se dégonflant.
Bzzzzzzzzz.....!
Au fond de la mer :
un poisson se promenant avec un autre, montre à son compagnon le nuage qui arrive vers la mer.
Le poisson : "je crois que nous allons avoir de la pluie !"
Ils relèvent le col de leur veston et disparaissent rapidement.
L'ange furieux remonte verticalement et précipitamment en jouant de la lyre avec insistance.
La pierre du père BALADAR arrive en Écosse et frappe le joueur de cornemuse en plein front.
Mort du joueur de cornemuse.
Celle lancée par le joueur de cornemuse arrive sur le biniou et rebondissant revient en arrière...
...l'ange qui remontait la reçoit dans l'oeil...
... et lâche sa lyre.La lyre descend.
Une baleine la happe au passage.
La lyre reste plantée en travers de la bouche de la baleine.
Captive à l'intérieur de la baleine, une très jolie petite sirène se lève du lit d'algues sur lequel elle est couchée et secoue désespérément les cordes de la lyre comme on secoue les barreaux d'une cage.
Musique. Étonnement.
La sirène séduite joue un air très joli et très triste interrompu par.....


Jacques Prévert
A suivre........

mardi 26 mai 2009

2 ...BALADAR de Jacques Prévert.... quand même !

Si tu veux quelque chose de vraiment intéressant va lire ça chez la moufette, mais avant, ou après, tu lis l'histoire de Baladar c'est trop drôle !!!!


La pieuvre sort des bougies d'un tiroir, en garde une dans chaque tentacule et s'accrochant par le bec au plafond forme un lustre, elle craque une allumette et s'allume. On entend le père qui ronfle et au loin des sirènes de navires.

Dehors, le poisson en redingote applique une échelle contre le mur, grimpe, silencieusement, éclairé par le rayon du phare, et creuse dans le mur avec un petit canif.

A l'intérieur de la maison :

Grande tristesse.



L'horloge sonne les douze coups de minuit puis bâille avec lassitude et recommence à sonner pour passer le temps.

Suspendu par le chewing-gum BALADAR imite les mouvements du balancier.

La pendule prend ses aiguilles et entreprend un sérieux petit travail de tricotage.
La pieuvre mouche les bougies, et sur le tableau la mer commence à s'agiter.

C'est bientôt une véritable tempête, BALADAR reçoit un paquet de mer en pleine figure et tombe par terre, délivré.
Il regarde le tableau et voit le poisson correct qui sort du cadre et lui fait des saluts amicaux.
L'eau sortant du tableau envahit peu à peu la pièce, avec bruits de tempête, sifflements du vent, etc.

La pieuvre ricane doucement et tend le tire-bouchon au poisson qui débouche la bouteille contenant le bateau.

Le bateau s'anime, sort de la bouteille et tourne autour de la pièce.

Les hommes de l'équipage agitent leur béret en hurlant.

La porte s'ouvre, et l'eau sort en trombe, emportant avec elle le peti BALADAR, l'horloge qui sonne, le poisson et le bateau qui, grandissant à vue d'oeil rejoint la mer, éclairé par le phare et quelques étoiles de mer complaisantes.

Très triste du départ de BALADAR, la maison pleure et arrachant le rideau du lit clos l'agite comme un mouchoir en geste d'adieu.

Pris par le froid, le père BALADAR se réveille, voit la maison vide, entre dans une colère épouvantable,et décrochant un biniou sort au clair de lune pour clamer musicalement son indignation.......
iuvres a dsna sel cpohrinsa suroj......

samedi 23 mai 2009

2 Balladar suite.....

maison paternelle .... qui est voisine d'une immense sardinerie abandonnée, le petit BALADAR tombe brutalement devant la niche du chien, et sort un morceau de sucre de sa poche.
Une sorte d'effroyable aboiement se fait entendre et un immense tentacule sort de la niche du chien, happe le morceau de sucre et disparaît.
BALADAR entre dans la maison paternelle.
Intérieur breton.
Un lit clos, une table, une horloge.
Au mur un tableau représentant la mer et près du tableau

un bateau dans une bouteille.
BALADAR s'assied et pleure.
Un tentacule passe par la fenêtre et lui tend un mouchoir.
Le père BALADAR arrive devant la maison et siffle dans ses doigts.
Une énorme pieuvre portant un collier de chien sort de la niche et fait le beau.
Le père entre et jumblement la pieuvre le suit.
Le père prend son fils et le conduit à l'intérieur de la sardinerie, où des centaines de boîtes vides sont alignées.
Colère du père qui saisit BALADAR par un pied et l'entraîne.
La tête de BALADAR rebondit. Baoum. Baoum... de même que les boîtes de sardines.
Violent et rapide fracas.
Ils rentrent à la maison.
Dans la maison, le père, qui mâche un chewing-gum depuis le début de cette histoire...
le crache contre le mur
FLOC
et jette ensuite son fils qui reste collé au mur et de plus en plus désolé.
La pieuvre est étalée sur la table et lit le journal, le père BALADAR lui tire un tentacule ; en forme un fouet et frappe la pauvre bête, qui débouche immédiatement une vingtaine de bouteilles, les verse dans un baquet, donne le baquet au père
qui en avale le contenu,
rentre dans son lit clos, et s'endort ivre mort.

suivre A .....
Choprain depiso ramdi......

vendredi 22 mai 2009

4 Un peu de Jacques Prévert- I


BALADAR

Une plage en Bretagne.

Au loin, un phare.

Etendu sur le sable un énorme personnage, vêtu d'un vieux pantalon et d'un chandail, ronfle avec une grande sonorité. Il a un visage grotesque et terribe.

Au rythme de son ronflement deux petits oursins se balancent (en chantonnant) à chaque pointe de ses moustaches.
Autour de lui sont réunis huit coquillages.
L'homme baîlle.
Gagnés par la contagion du bâillement, les coquillages s'ouvrent les uns après les autres en chantant.
Emporté par son balancement, un oursin décrit une courbe dans les airs, et de très haut retombe sur l'oeil du personnage et s'y plante.
Le personnage se réveille en hurlant.
Effrayés, les coquillages se referment d'un seul coup FLAC et bondissent dans la mer FLOC.
Les oursins de même.
Debout, l'homme se met à hurler "Baladar ! BALADAR !"
Au village voisin, les vitres volent en éclats, le clocher de l'église se lézarde, toutes les fenêtres se ferment et...
.... Sur l'Océan
Dans la barque
le petit BALADAR qui pêche la sardine pour son père....
.... entend avec terreur les hurlement de ce dernier. Il jette sa ligne et ramène un poisson.
C'est un petit poisson tout jeune avec un tablier noir d'écolier. Il a une tête de bonne élève et la croix, il supplie.
Emu, BALADAR le remet à la mer et à cet instant...
... un gros poisson soulève au loin la ligne d'horizon, dzzz... et vient remercier BALADAR qui a épargné son fils. Il est très corect, petite barbiche et redingote.
D'autres poissons surgissent et sortant del'eau à mi-corps, saisissent BALADAR et le ramènent triomphalement sur la plage où son père le saisit par les oreilles, le fait tournoyer et le lance dans le village.
Indignés, les poissons contemplent cette scène silencieusement.
Le père BALADAR s'élance à la poursuite de son fils.
L oisson barbiche lance un caillou dans l'eau, des ronds se forment à la surface, le poisson prend ls deux premiers, confectionne un vélo avec et se lance à la poursuite du père BAADAR.
Devant la maison paternelle......

A suivre.......demain
Et que le vaste monde poursuive sa course folle !
Cormac Mc Carthy - La route